Tablettes à l’école, un pansement sur une jambe de bois

Ce vieux serpent de mer de l’enseignement de l’informatique nous revient en pleine figure après l’annonce d’une distribution de tablettes à l’école aux élèves de cinquième voulu par notre Président. Je ne vais pas entrer dans un stérile débat politique, le blog n’est pas là pour ça, mais cette annonce n’a simplement aucun sens. Ce n’est pas de tablettes dont l’école à besoin aujourd’hui.

Avec la proposition de cours de codage et un ensemble composé d’une tablette et d’une formation au numérique, M.Hollande enfonce la porte ouverte d’un multimédia convenu. C’est joli sur le papier mais cela ne correspond à aucune réalité ni aucun besoin primordial d’un enseignement informatique à l’école.

La tablette, un outil dédié à la consommation de contenus.

Je ne vais pas refaire le débat des usages de la tablette mais il faut bien l’avouer, si celles-ci ont bigrement évolué, elles sont encore loin d’égaler un ordinateur pour de nombreuses utilisations pratiques. Apprendre à surfer sur tablette est l’évidence, apprendre à regarder une vidéo c’est parfait. Mais pour le reste ?

Enseigner l’utilisation d’un traitement de texte, maîtriser le copier-coller, la mise en page et la gestion de documents dans une arborescence sur tablette ? C’est un tout autre débat. Le jour ou la tablette offrira le même confort pour réaliser un devoir qu’un ordinateur avec souris et clavier, le jour où saisir plus de 50 lignes de texte se fera avec la même aisance sur les 2 plate-formes n’est pas encore arrivé.

L’école n’est pas là pour apprendre un simulacre d’usage, elle est la pour former des enfants à des outils qu’ils maîtriseront dans leur vie quotidienne. Aujourd’hui il est difficile d’imaginer une entreprise embaucher quelqu’un qui saurait travailler sur tablette mais pas piloter un ordinateur classique. Un CV sera plus facile maîtriser au clavier qu’au tactile. Personne n’aurait l’idée de programmer quoi que ce soit en commençant son apprentissage sur un engin tactile de 7, 8 ou 10 pouces de diagonale. Autant il y a de fortes chances que la tablette soit l’outil séduisant que l’enfant apprendra à utiliser de lui-même en premier, autant l’apprentissage des bases de l’informatique n’est pas une évidence sur ce support.

Les enfants n’ont pas besoin de l’école pour apprendre à maîtriser la tablette, c’est déjà leur quotidien : Ils ont plus de facilité à les approcher et à apprendre leur fonctionnement puisqu’elles sont bien plus didactiques et équipées du même système d’exploitation que le téléphone de leurs parents. C’est tout le problème d’ailleurs, enseigner l’informatique avec un outil qui a été conçu pour cacher ses rouages internes afin de le rendre plus facile, c’est le contraire d’un enseignement de l’informatique.

La tablette est dénuée de toutes les problématiques de gestion habituelles, ce n’est pas enseigner l’informatique et sa logique mais un simulacre de celle-ci. Comme on enseignerait l’utilisation d’une calculatrice plutôt que les méthodes de soustraction, division ou multiplication. Offrir une tablette aux élèves de Cinquième, c’est s’assurer qu’ils sauront surfer, jouer et regarder des vidéos quelques semaines plus tard – chose qu’ils savent déjà probablement faire sur smartphone – mais certainement pas leur donner un outil pour apprendre à devenir des futurs citoyens numériques.

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Tablettes à l’école : Ce n’est pas l’outil qui convient.

Les systèmes d’exploitation des tablettes actuelles sont liés à des groupes privés qui se servent des données enregistrées pour établir des profils fins de leurs utilisateurs. Ils exploitent ensuite ces données pour faire de la publicité, revendre celles-ci et assurer que les marques désireuses de communiquer sur une cible précise, une tranche d’âge précise voire une région précise, soient parfaitement renseignées.

Comment apprécierait t-on le fait qu’un tableau noir classique soit décoré, en filigrane, d’un logo Google ou Apple ? Je pense que la majorité des parents s’en offusqueraient à juste titre, or, introduire une tablette c’est faire exactement la même chose en pire. La création obligatoire d’un profil pour initialiser ces engins lie l’élève à des structures commerciales qui exploiteront les données indiquées et les habitudes de l’enfant dés la cinquième. Qu’un parent accepte cet état de fait est une chose mais que cela soit obligatoire pour poursuivre sa scolarité est un vrai problème.

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Problème éthique d’abord, comment justifier qu’un élève de cinquième doive forcément s’inscrire sur Itunes ou avoir un compte Google pour passer une année scolaire normale ? Comment apprécier qu’un guide pour installer un logiciel comme iTunes soit rédigé par des enseignants ? Que dire du passage où ceux-ci disent d’accepter les termes du contrat qui lieront l’enfant à Apple sans même un esprit critique vis à vis de celui-ci ?

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De nombreux professeurs ont également remonté des problématiques liées à la présence de publicités, pas toujours opportunes dans leur contenu, liées à l’installation d’applications « gratuites ». Le modèle d’une utilisation d’applications téléchargeables gratuitement mais insistant rapidement pour leur ajouter des fonctions premium permettant de réaliser plus facilement la tâche ou dans de meilleures conditions est la règle dans les outils scolaires sur tablette. Comment réagiront les parents soucieux d’apporter une bonne éducation à leurs enfants face à ce chantage à la réussite passant par une dépense modique, mais répétée, d’outils supplémentaires ?

Tablettes à l'école

Pour rappel, le droit Français considère agressives les publicités demandant directement à un enfant d’acheter un produit “Sont réputées agressives (…)les pratiques commerciales qui ont pour objet : (…) 5° Dans une publicité, d‘inciter directement les enfants à acheter ou à persuader leurs parents ou d’autres adultes de leur acheter le produit faisant l’objet de la publicité ; » Pourtant ce sont ce type d’outils qui sont conseillés par des enseignants sur tablette.

Comment réagir face à des applications qui délivrent des messages qui n’ont rien à faire en classe à travers des publicités incitant à jouer, à manger ou à consommer des contenus pas forcément adaptés aux enfants ? Faire entrer la tablette en cours, c’est planter un panneau 4 par 3 entre l’élève et son professeur et cela va à l’encontre de beaucoup de principes de neutralité de l’école.

 

Tablettes à l'école

La tablette nie la différence entre les élèves et impose un savoir faire technique qui n’a pas été enseigné à leurs profs.

Si la tablette est un support formidable pour apprendre à lire ou à écrire avec un support sonore et ludique inédit, il est plus indiqué au sein d’une cellule familiale, surveillé par des parents attentifs. Beaucoup moins efficace dans une classe bondée d’élèves où les niveaux et les vitesses d’apprentissage sont très différents d’un enfant à l’autre.

Le rythme n’est plus laissé à l’expérience de l’enseignant qui saura ralentir ou accélérer les choses suivant le niveau de la classe et les cas particuliers. Donner un texte supplémentaire à étudier à un élève qui connaît déjà manifestement la leçon afin que l’on puisse aller voir celui qui n’a pas saisi le sujet pendant que la majorité fait un exercice, c’est le quotidien d’un professeur qui embrasse du regard une salle de classe. Glisser une tablette tactile où chacun va à son rythme au gré d’interactions tactiles c’est rendre cette tâche très difficile. Les plus zélés auront fini une heure avant les autres tandis que les moins doués pourront arriver au bout de l’exercice par tâtonnement ou en copiant simplement les gestes du voisin, sans rien comprendre.

Tablettes à l'école

La tablette ne laisse aucune trace du processus d’apprentissage et d’expérimentation. En mathématique, faire travailler un élève sur un cahier de brouillon permet de contrôler son travail, de vérifier sa méthode. Sur tablette le procédé est souvent simplifié pour aller vers un résultat et rares sont les applications permettant de remonter le processus permettant à l’élève de mener à bien son calcul.

Enfin, si les professeurs emploient une pédagogie particulière, une méthode d’enseignement qu’ils ont pu expérimenter d’année en année, que devront t-ils faire d’une tablette ? Est-ce au prof d’adapter ses cours pour les faire coller à une application spécifique qu’il n’a pas conçue ? Le risque de voir des engins finir par rester dans les cartables plutôt que comme support de cours est important. Non pas que les profs soient spécialement récalcitrants, mais sans formation ni support de cours correspondant, sans outil pour adapter leurs méthodes au support tablette, il y a peu de chances de les voir apparaître en classe.

Gérer 25 ou 30 élèves par classe n’est déjà pas facile, mais gérer les problèmes liés à leurs tablettes est une autre paire de manches. Je ne rentre même pas dans le débat d’un enfant qui à l’opportunité d’amener en classe des images et vidéos qu’il a pu charger chez lui pour les montrer à ses camarades…

Plus simplement que doit faire un prof face à un enfant qui n’arrive pas a se connecter en Wifi ? Lui coller un avertissement ou passer 5 minutes à le décoincer au détriment de son temps d’enseignement ? Si ce problème est récurrent ou si les transferts de fichiers sont lents, combien de temps le prof doit t-il accorder aux soucis techniques sur sa maigre heure de cours ? J’ai bien peur que ces soucis là soient totalement incompatibles avec l’état de nos salles de classe actuelles.

Tablettes à l'école

Et que faire de l’élève qui oublie sa tablette chez lui ? Qui a simplement plus de batteries ? Le punir comme on punit un élève qui oublie son cahier ou son livre bien sûr. Mais si un livre peut se glisser entre 2 enfants pour que l’étourdit puisse suivre, l’interaction d’une tablette est personnelle et difficile à partager…

Il y a évidemment l’idée séduisante du cartable numérique avec un support de cours sur tablette en lieu et place d’un énorme tas de supports de cours. C’est vrai que le lourd cartable des enfants est un problème mais la tablette n’est pas la seule solution. Des liseuses très abordables existent, savent afficher de nombreux formats et permettraient à l’élève d’emporter dans quelques grammes tout le programme de l’année ainsi que des documents supplémentaires envoyés facilement par le prof ou téléchargeables à domicile. Cela éviterait en outre les dépenses liées à l’achat de livres supplémentaires. Les ressources en matière de littérature sont importantes et gratuites en ligne.

Tablettes à l'école

Un ordinateur portable pour chaque élève, c’est mieux mais ce n’est pas non plus la solution.

Je ne prêche pas pour la paroisse du clavier et de la souris, si l’idée d’un ordinateur pour chaque élève est meilleure d’un point de vue théorique au regard des possibilités du format, on a tôt fait de retomber dans les mêmes travers. Que dire à un élève dont l’ordinateur est tellement bourré de virus que le système de l’école lui refuse une connexion ? L’élève est t-il coupable de se faire infecter ? Comment gérer là encore les problèmes techniques liés à l’irruption d’un matériel sensible au sein de la classe. C’est un casse tête infernal pour des programmes déjà bien chargés.

Du reste on a vu ce que donnaient les opérations de « dons » de matériel informatique de ce type dans les écoles. Les machines revendues sur des sites de petites annonces, échangés, maltraités… Ces ordinateurs qui devaient aider les élèves dans leur année scolaire ont souvent fini comme monnaie d’échange pour acheter autre chose.

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Une annonce trouvée ce jour sur LeBonCoin pour le Lordi…

Le fameux Dell Vostro 130 alias « LorDi » offert à 32 000 exemplaires par la région Languedoc Roussillon à ses élèves a fini par hanter par dizaines les sites de petites annonces. Entre ceux que cette machine n’intéressaient pas puisqu’ils étaient déjà mieux équipés et ceux qui n’ont vu là non pas un allié mais une source de revenus, la solution de bombardement massif de machine n’a pas porté ses fruits. Les 15 millions d’euros sur 3 ans dépensés par la région auraient pu être engagés ailleurs.

Dernier point contre une intégration numérique de ce type à l’école: qui va gérer les infrastructures de l’école elle-même ? Dans ma ville, aucune personne ne semble avoir été formée à cette gestion et je ne vois pas qui va mettre en place et administrer les réseaux nécessaires à l’exploitation d’une solution connectée. Il faut des compétences techniques importantes et un budget pour mettre cela en place. Aujourd’hui les écoles ont déjà du mal à gérer une simple salle informatique faute de budget et de moyens.

Intégrer l’informatique dans le cursus scolaire est une évidence mais se cacher derrière un don de matériel est tout sauf la solution. Sur quel support de cours et après quelle formation ? Si le cours d’informatique théorique devient un cours de tablette, le résultat pédagogique n’est pas garanti. Une heure de loisir au détriment d’autres matières n’a pas de sens ni d’intérêt pour l’élève. On n’apprend pas à devenir sportif en recevant un jogging et des baskets.

Tablettes à l'école

Multiplier les écrans personnels n’arrange ni les professeurs ni l’enseignement.

Des solutions plus convaincantes existent et pour en avoir discuté avec de nombreux enseignants, aller vers une multiplication des écrans n’est pas souhaitable. Avec 25 à 30 élèves par classe, chacun devant un écran et sans pouvoir contrôler réellement ce qui est affiché dessus, un cours d’informatique se transformera inévitablement en gabegie numérique. Je ne connais aucun prof qui accepte de voir ses élèves tenir leur cahier devant eux sans qu’ils ne voient ce qui est lu. Hors le principe de la tablette suppose un affichage semi vertical où l’écran est caché pour être plus confortable à manipuler.

Chaque tablette, chaque écran, joue le rôle de barrière entre l’enseignant et l’élève. Avec autant d’enfants en face de leur propre affichage personnel, le professeur aura encore plus de mal à asseoir son autorité et à, tout simplement, exister au milieu de la classe.

Tablettes à l'école

Il faut pourtant bien enseigner l’informatique à l’école.

Pourquoi ne pas plutôt mettre à jour les salles informatiques ? Pourquoi ne pas les créer là où il n’y en a pas ? Un parc fixe, lié à l’école où les élèves pourraient profiter d’un matériel stable et géré de manière autonome grâce à des logiciels qui se répareraient automatiquement. Des solutions fiables existent déjà et permettent à chaque démarrage de retrouver un système propre, libre, non affilié à un groupe publicitaire et permettant d’employer un panel d’outils importants et utiles.

Avec une solution de ce type, une salle spécialisée équipée d’ordinateurs, scanners, imprimantes grand format et 3D et autres outils accessoires, les possibilités sont énormes. L’enseignant peut alors intégrer des heures de cours dans cette salle suivant un planning défini et sans contrecarrer ses habitudes pédagogiques. Aller en salle informatique pour découvrir sous la lunette d’une webcam microscope l’infiniment petit interessera les élèves autant que leur prof. De ces clichés, ils pourront tirer une image qui pourra devenir une publication imprimée. C’est là que l’apprentissage de l’outil informatique aura lieu, la gestion des dossiers, les processus de prise en charge des images, leurs extensions et leur manipulation, autant d’éléments qui font écho à cet enseignement.

Tablettes à l'école

Cela permettrait de gérer également des apprentissages plus pointus techniquement, l’informatique réelle au travers de langages simples et de dériver vers des éléments comme la programmation d’outils externes : cartes à micro-contrôleurs ou autres. Autant d’éléments qui permettront aux plus jeunes de tâter d’outils réellement formateurs et amusants plutôt que de se cantonner à des programmes réalisés par des programmeurs surtout motivés par l’affichage de publicités ou de ventes d’extensions.

Aucun support de cours de codage ne sera aussi efficace sur tablette que sur un ordinateur classique pensé et conçu pour cela. Des apprentissages de langages simples et gratifiants immédiatement comme Arduino ou Processing sont à la portée d’enfants de Cinquième, ils sont très formateurs et incitent beaucoup à aller plus loin dans ce sens.

Proposer des cours de codage n’a de sens qu’au travers ce type de dispositif et sur un collège de 300 ou 400 élèves, la dépense entre 2 salles de 30 machines chacune équipée de logiciels libres avec les accessoires nécessaires pour créer un petit Fablab doit être équivalent à la dépense nécessaires pour acheter 300 tablettes.

Reste le problème de la gestion de ces salles car malgré les possibilité de retrouver une machine remise à jour en permanence sans gestion particulière, on n’est pas à l’abri d’un souci technique. Beaucoup de communes n’ont pas les moyens de s’offrir les services d’un informaticien qui s’en occuperait et la plupart du temps ce type de dispositif n’existe que grâce à l’implication passionnée et bénévole de professeurs motivés. Le vrai effort que pourrait faire l’Etat pour nos enfants au collège, c’est la création d’emplois de professeurs d’informatique, des enseignants spécialisés aptes à gérer des enfants et un parc en réseau. Mais il s’agit là d’embauches et non pas d’une poudre de perlimpinpin façon numérique. Les embauches coûtent cher et le cursus de prof d’informatique au collège n’existe toujours pas même si la vaste majorité des emplois du tertiaire nécessitent l’apprentissage de cet outil…

Tablettes à l'école

Il reste une autre solution, très différente mais beaucoup plus efficace que le « tout tablette » qui est le tableau blanc interactif. Un tableau numérique qui peut être un excellent support de cours pour tout type d’enseignements. Tout le monde peut en profiter, de l’élève à l’enseignant quelle que soit sa matière. Pas d’oublis de tablette ni de problème de Wifi, le TBI est un outil de l’école, neutre et au service de l’enseignement.

Reste qu’il faut enseigner la citoyenneté numérique à l’école, apprendre aux enfants à se méfier de certains comportementà, leur enseigner de la vigilance et le respect de leur propre vie privée. La vie sociale passe aujourd’hui beaucoup par le réseau et il faut préparer les enfants à ce type d’interaction. Mais j’ai bien peur qu’en glissant l’outil dans les mains d’enfants, ils ramènent plutôt le problème chez eux. Un problème qu’il sera difficile de contrôler pour les parents puisque l’enfant et sa tablette auront la bonne excuse du travail scolaire pour passer un temps indéterminé ensemble.

Tablettes à l'école

La solution miracle n’existe pas.

Proposer un don de tablettes à tous les élèves de cinquième pour résoudre le problème de l’apprentissage de l’informatique, c’est le fameux pansement sur une jambe de bois. En plus bling bling et moderne, mais sans réel intérêt pratique. La proposition est alléchante, limite démagogique et je ne sais pas si le Président de la République croit bien faire ou si ses experts pensent plus en terme d’image que d’enseignement mais ce n’est pas la bonne voie à suivre.

Les tablettes ont tout contre elles dans cet usage, sans clavier ni souris, avec des écrans limités, elles sont mal adaptées à l’apprentissage du code. Elles poseront sans aucun doute des problèmes éthiques et techniques et ne rendront pas forcément service aux enseignants.

 

Note : Minimachines n’est pas un blog politique, poser votre avis sur le sujet n’est pas entrer en guerre contre tel ou tel parti. Pour rappel, les propositions de ce type existent depuis toujours et de tous les bords, droite et gauche ont tenté des expériences similaires et il suffit de lire un petit peu les comptes rendus de ces expérimentations de l’informatique à l’école pour s’apercevoir que ni droite ni gauche n’ont jamais pris la peine de venir voir ce qu’il s’était passé ne serait-ce que 2 ans après la mise en place de ce type de protocole. Les commentaires n’ayant qu’une visée politique seront donc modérés.

58 commentaires sur ce sujet.
  • 18 novembre 2014 - 23 h 55 min

    Bonjour,

    Je suis prof de SVT en Corrèze, département où nos élèves ont des tablettes IPad dès la cinquième depuis 2010. Je rejoins l’auteur sur certains points (problème de gestion de flotte des machines, manque de formation des profs, calendrier impossible à tenir, autres priorités vu l’état du parc informatique de l’EN, le manque de formation des élèves aux problématiques d’identité numérique, de dispersion des données personnelles …) autant dire que les tablettes ne sont pas des outils de production de contenu relève d’une méconnaissance profonde des usages que l’on peut en faire.
    Si, en effet, ce n’est pas l’outil le mieux adapté pour taper une thèse ou 10000 lignes de code (ce qui est VRAIMENT loin des objectifs du collège) autant pour écrire un argumentaire de 40 lignes (niveau d’exigence en français au brevet), cela ne pose aucun problème. D’autant plus qu’avec un stylet à 5 euros et une application à 5 euros de prise de note/annotation de Pdf de qualité, on retrouve le geste ancestral de l’écriture et la liberté de prise de note du cahier avec feuilles infinies/couleurs infinies etc…
    Mais ce qui est vraiment super avec cet outil en classe c’est l’aspect couteau suisse : suite bureautique (traitement de texte, tableur, diaporama…) , internet, dessin, appareil photo, montage video, stop motion, calculatrice, annotation de Pdf, géo-localisation, liseuse pour tous les livres classiques du domaine public, boîtier de vote pour qcm en lice en classe, mail … le tout disponible uniquement pour 5 min dans mon cours si je veux car pas de longueur de démarrage, pas de Pb d’autonomie foireuse au bout d’un an comme on a eu avec les laptop…

    La tablette peut évidemment embarquer du contenu : manuels scolaires ou contenus produits pas l’enseignant mais c’est surtout sur l’aspect production de contenu que je souhaitais m’attarder.

    Bref pour moi la tablette est un outil pédagogique très intéressant, mais cela ne remet pas en cause les interrogations soulevés par l’article d’une distribution si soudaine à grande échelle, qui vouent sans aucun doute cette opération à l’échec.

    (ps: pour le passage de l’article qui parle de la Webcam en salle informatique branchée au microscope… Une tablette/smartphone posée sur l’oculaire ça fonctionne très bien !)

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  • 19 novembre 2014 - 0 h 37 min

    @Mirmo19: En fait tout le problème c’est que la facilité de faire un chèque ponctuellement pour un achat en masse de tablette est équivalente à l’impossibilité de multiplier les profs comme vous…

    Bien sur la tablette est un super outil, un rêve de gosse. Mais c’est également un gros gâchis potentiel si elle est distribuée en vrac comme le sont les dictionnaires par la mairies pour les élèves qui quittent la primaire pour rentrer au collège…

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  • 20 novembre 2014 - 12 h 47 min

    @Pierre : Pour l’aspect pédagogique, je suis plutôt d’accord avec ton article, mais si les tablettes embarquent les manuels scolaires au format numérique, ce serait déjà une belle avancée! Pour s’en convaincre, il suffit de soupeser un cartable/sac à dos de collégien : c’est IDIOT de lester nos ado avec de telles charges!

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  • 19 décembre 2014 - 14 h 31 min

    Il y a une petite chose qui me gène: la tablette, c’est la porte d’entrée du culte de la facilité dans le domaine technologique: quelque chose de convivial, mais très borné, avec souvent des logiciels simplistes et de piètre qualité (j’ai 3 de ces joujous à la maison), difficilement administrable à distance et sans rapport avec un véritable machine, sauf si on en maîtrise les arcanes (auquel cqs elle devient une sorte d’ordinateur inadapté: toute personne ayant compilé sur une sdcard saura pourquoi)

    Et côté bureautique, c’est une véritable torture à utiliser: il y a une différence entre taper un mémo à la cool sous OneNote vautré dans son canap’ en se prenant pour un créatif et rédiger un vrai texte, rapport ou exposé (même de 40 lignes), activité qui nécessite de bonnes conditions de travail et un maximum de concentration.
    Pour la bureautique dure, l’ergonomie des suites tactiles, si on met de côté celles passables des hybrides sous Windows 8, est une véritable purge dés lors que l’on a besoin de fonctions un peu évoluées

    Quand à l’écriture: si elle est accessible pour la prise de note rapide,elle est loin d’être exploitable à des fins rédactionnelles, les habitudes des uns et des autres rendant les algos d’ocr non fiable et la nécessité de corriger le texte reconnu plus que fréquente

    Plus généralement ces distributions de bien technologiques ressemblent plus à de l’écran de fumée qu’autre chose, façon “du pain et des jeux pour le peuple”, et n’ont finalement qu’une portée limitée, entre ceux qui en voient qu’une console de jeu, ceux qui les rangent dans un placard et ceux qui les revendent

    Je préfèrerais voir les enfants se voir fournir de simples liseuses -avec prise de note-, pour tout de même en finir avec la tonne de bouquins nécessaire pour une journée type, et à côté des classes informatiques proprement équipées eta cessibles tardivement, comme j’aie u la chance d’en connaître

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  • 24 février 2015 - 17 h 45 min

    […] vous souvenez probablement du discours de François Hollande à propos de l’informatique à l’école. Celui-ci n’est pas resté lettre morte chez Archos, qui a déjà proposé des machines pour […]

  • 18 mars 2015 - 15 h 10 min

    […] Evidemment cela nous fait bizarre à nous autres français de voir ce genre d’initiative mélangeant public et privé pour faire un don en anticipant des besoins informatique d’avenir. On n’et pas spécialement habitués. On a bien eu une époque bénie ou des micro ordinateurs ont envahit nos écoles mais cela relève désormais de la préhistoire. Depuis l’époque minitel il ne me semble pas qu’une seule entreprise d’une telle envergure aie eu lieu en France. Alors imaginer que France Télévision s’associe un jour à des partenaires pour offrir des cartes de programmation conçues dans le pays aux plus jeune me parait totalement saugrenu. Ce serait pourtant bien plus pertinent que de proposer des tablettes en vrac à des enfants entrant en cinquième. […]

  • 20 juin 2015 - 9 h 54 min

    […] Tablettes à l’école, un pansement sur une jambe de bois […]

  • 20 octobre 2016 - 13 h 07 min

    […] de voir des jeunes s’intéresser à la micro informatique et développer un goût pour celle-ci. En France on essaime avec des tablettes qui n’ont pas forcément la même vocation et qui, avec un prix de base des centaines de fois plus élevé, ne touchent q’une infime […]

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