Qarnot QC1 : Miner et chauffer avec un PC passif pour diminuer sa facture ?

La société française Qarnot annonce son premier PC autonome. Un engin qui ne s’utilise pas comme un PC traditionnel mais comme une unité de calcul dédiée au minage de monnaies virtuelles. Le Qarnot QC1 est un produit vraiment particulier puisque la société a mis au point une intéressante technologie qui emploie les watts de nos ordinateurs comme chauffage.

J’avoue que je ne suis pas emballé par le concept de ce Qarnot QC1. Si l’idée de base de la société est géniale, le fait de proposer ce type de produit ne me parait pas forcément très rentable.

L’idée de base de Qarnot est extraordinaire. La société conçoit des machines de calcul déportées qui viennent s’implanter dans des immeubles en leur servant de… chauffage électrique. C’est très intelligent puisqu’un des gros problèmes des serveurs de calcul est de dissiper la chaleur qu’ils dégagent. En général, on fait appel à des systèmes de ventilation et de refroidissement qui consomment eux même du courant et on dissipe les watts générés par de gros serveurs en brassant inutilement de l’air. Qarnot gagne donc de l’argent en effectuant des calculs massifs – surtout des calculs d’images pour de l’animation – et chauffe gratuitement des immeubles avec ses Mini serveurs implantés comme chauffages.

Qarnot a eu cette idée de proposer des chauffages dans des immeubles et de laisser tourner les composants nécessaires au calcul dedans de manière silencieuse puisqu’ils ne disposent que d’un très large dissipateur thermique en métal comme refroidissement. Ils se comportent alors comme des radiateurs électriques standards et disposent même d’un système de thermostat. Leur implantation est gratuite, les données qu’ils calculent sont transportées aux frais de Qarnot qui voit de son côté la facture de gestion de chaleur baisser. Au final, tout le monde est plutôt gagnant. Chauffage gratuit pour les uns, baisse de facture électrique pour les autres, c’est une bonne façon d’exploiter cette chaleur plutôt que de la disperser inutilement.

Le Qarnot QC1 par contre n’est pas un chauffage de ce type,  si il reprend l’idée d’un chauffage servant de dissipateur, c’est juste pour abriter un engin autonome complètement architecturé autour du minage de cryptomonnaie. L’Ethereum pour être précis.

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Le Qarnot QC1 cache une configuration dédiée à cet usage construite autour de deux cartes graphique AMD Radon RX 580 avec 8 Go de mémoire vive (La marque assure un minage à  60 MH/s). Le tout est enfermé dans un châssis de 65 × 62.5 ×15 cm de 27 kilogs. Il est évidemment totalement dépourvu de pièces mécanbiques et ne génère donc aucune nuisance sonore.

Le processeur  et le reste des composants n’est pas détaillé et pour cause, l’utilisateur n’aura pas accès à ceux-ci. L’engin est uniquement dédié au minage. On branche son PC-chauffage au courant d’un côté, à l’Ethernet de l’autre. On y accède pour entrer les informations nécessaires pour s’identifier et indiquer son Wallet1 et… c’est tout. L’engin se met alors au travail et promet, au cours du jour de l’Ethereum, environ 100€ de gains par mois.

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Evidemment, si le cours monte, le gain augmentera. Si le cours descend par contre… Il faut évidemment déduire le coût électrique du fonctionnement de ce chauffage car il faudra alimenter l’engin en électricité comme un chauffage classique.

Rentable ? C’est difficile à dire. On peut espérer au moins un chauffage qui ne coûterait rien. Miner au lieu de faire fonctionner une résistance n’est pas idiot mais cela dépend de beaucoup de facteurs que l’acheteur de la machine aura bien du mal à contrôler. Seule certitude, le prix de l’investissement. Le Qarnot QC1 est annoncé à 2900 euros pièce. Il faudra donc de longs hivers rigoureux pour rentabiliser cet achat. Car miner en plein été sera difficile à supporter. A moins de disposer d’un petit chalet en haute montagne qui serait relié au réseau… D’un autre côté la solution ne promet que 500 watts de chaleur redistribuée. Il en faudrait donc un joli paquet pour que cela puisse chauffer convenablement par grand froid. Un investissement à très très long terme donc avec la menace d’une cryptomonnaie qui évolue… Plutôt risqué.

Par contre, cela pourrait donner des idées à des fabricants de PC. Pourquoi ne pas concevoir des boîtiers fanless que l’on pourrait accrocher au mur et utiliser comme des chauffages en hiver et les ventiler si besoin est en été.

Notes :

  1. Le portefeuille virtuel qui abrite ses cryptomonnaies
19 commentaires sur ce sujet.
  • 9 mars 2018 - 12 h 52 min

    « la société a mis au point une inintéressante technologie »
    Lapsus révélateur dans l’entête de l’article ;-)

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  • 9 mars 2018 - 14 h 02 min
  • 9 mars 2018 - 14 h 04 min

    « Il est éviodemment tiotalement dépourvu de pièces mécanbiques »

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  • 9 mars 2018 - 14 h 41 min

    Chauffer en été, non, mais on se douche rarement à l’eau froide… donc comme chauffe-eau, ça convient.
    Y’aurait pas des hardcore gamers qui y auraient déjà pensé ?

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  • 9 mars 2018 - 14 h 47 min

    bonjour.

    on est dans un pays libre donc tout le monde a le droit a pas etre daccord mais moi si je trouve l’idee tres bonne. peut etre pas présenté de cette maniere la mais perso j’utilise deja mes ordi comme chauffage d’appoint avec les fameux amd qui consommes + mais comme de l’autre coté je n’allume les chauffages que quand il fait grand froid…. ça equilibre je pense. ça fait des annees qu’on entend parler d’entreprises qui veulent installer de gros serveurs dans des immeubles et ces serveurs feraient le chauffage de l’immeuble tout en travaillants. perso je trouve ça géniale. il parait que les etablissements avec les serveurs principaux de google coutent une fortune en electricité et leurs chaleur dégagés ne servent a rien.

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  • Alf
    9 mars 2018 - 14 h 48 min

    En lisant le début je me disais « chouette, Qarnot s’ouvre enfin aux particuliers », mais au final bof, si la machine est limitée au minage d’Ethereum, c’est pas terrible.

    J’aurai préféré qu’ils vendent au particuliers une machine qui calcule des trucs plus utiles que de l’Ethereum (du calcul lourd pour entreprises privées qui achètent la puissance, de la recherche scientifique bénévole quand il y a de la puissance libre), et ce serait encore mieux si la machine pouvait être utilisée en tant que PC personnel en mettant le « calcul extérieur » en priorité basse (lire des emails et flux RSS, ça laisse bien 90% du CPU et 99% du GPU libre pour calculer des choses).

    Avoir tous les PC de la maison cachés dans la chaudière qui fait eau chaude+radiateur, ce serait pas mal, il faut juste bien organiser les câbles pour avoir des HDMI + USB qui rejoignent les emplacements proches (a priori 5m max en USB), et de l’ethernet pour affichage déporté sur les emplacements plus loin au prix d’une qualité un peu dégradée.

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  • 9 mars 2018 - 14 h 49 min

    J’ai découvert Qarnot l’année dernière (je travaillais dans l’énergie).
    Le concept est très pertinent et disruptif.
    Qarnot s’adresse avant tout aux entreprises et leur rachète l’électricité consommée (en partie).

    Ben oui, c’est là que ça devient intéressant pour tout le monde.

    En effet, le concept réunit 3 intérêts :
    – diminuer la facture de chauffage des bâtiments tertiaires ;
    – augmenter la capacité de calcul disponible pour les chercheurs ;
    – développer fortement le fog computing de manière à dégager ces horreurs que sont les data-centers.*

    Je ne suis pas certain que Qarnot trouve son compte tout de suite dans le marché particulier d’où le prix exhorbitant demandé pour un simple PC au final : le risque est important pour Qarnot.

    db
    db

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  • 9 mars 2018 - 14 h 55 min

    @coco_le_coco:
    Stimergy y a déjà pensé, il propose une chaudière numérique pour préchauffer l’eau, surtout en collectivité.
    Ca marche bien pour de la basse température comme des piscines. Plusieurs expériemntations sont en cours

    Il propose de la puissance de calcul disponible pour faire du traitement lourd. C’était exactement la même proposition que Qarnot Computing. Cette société a été crée en 2010 et initialement l’usage des « radiateurs » étaient destinés au calcul bash et pas forcément en temps réel. ( Possibilité de mettre ton radiateur à la campagne ). L’évolution vers la crypto et l’allocation de la puissance de calcul pour le mining est naturelle puisque la clientèle n’a jamais pris coté offre « compute ».

    Quid de la pérennité de l’offre surtout quand Ethereum Foundation est supposé abandonné sa logique mining (PoW) pour aller vers de la preuve d’enjeu (PoS) nécessitant moins de ressources.

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  • 9 mars 2018 - 14 h 57 min

    @coco_le_coco: Pourquoi pas, oui mais pas avec 500 watts. Après gérer la dissipation des cartes quand le balleau est déjà chaud ce serait probablemnent compliqué. A voir.

    @stephane: Pas mieux, c’est ce qui est dit dans le billet. Reste a savoir si cet appareil là vaut le coût.

    En imaginant une utilisation de 24 heures par jour toute l’année de 500 watts a 0.14670€ le KW, il coûtera 642.55€ par an en Electricité. Il rapportera 1200€ de gains en monnaie virtuelle. Soit 560€ de positif. L’appareil coûtant 3000€ il faudra donc environ 5 à 6 ans pour le rentabiliser.

    5 à 6 ans pendant lesquels le prix de l’électricité ne change pas (et c’est pas prévu que ça stagne) que les cours des monnaies ne baisse pas (difficile a prévoir) et que tu laisses tourner ton appareil a fond hiver comme été 24H/24. Ce qui est finalement une aberration (du coup l’idée du ballon d’eau chaude est meilleure effectivement). Si tu ne chauffe que 4 mois par an, la rentabilité ne sera pas la même et au lieu de le rembourser en 5 à 6 ans il faudra 15 à 18 ans pour que tu en soit pour tes frais… 15 à 18 ans pendant lesquels les monnaies vont évoluer et les tarifs d’électricité vont changer…

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  • 9 mars 2018 - 15 h 02 min

    @gaduc: Je crois que Qarnot fournit ce type de PC comme Antminer fournit ses machines a miner : Tu achètes et tu te débrouille. Ils doivent probablement pusher des maj mais c’est tout. Pas de contrat ni rien.

    @tpadroletoi: Tiens je connasi pas du tout Stimergy, vais aller voir.

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  • 9 mars 2018 - 16 h 02 min

    @Alf: C’est ce qu’ils font a PAris dans des immeubles parce qu’ils peuvent penser l’infra de vcâbles justement. Mais chez un particulier c’est compliqué entre le transit des données et le reste c’est pas simple. Qarnot fait surtout du calcul de rendu d’image et donc ne supporte pas les erreurs. Si le signal est problématique, si il manque une frame, si quelqu’un doit se coltiner rour es les images une par une a verifier c’est plus rentable je pense.

    Par conte l’idée d’un CPU déchargé pour des usages basiques est très pertinente.

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  • Alf
    9 mars 2018 - 17 h 14 min

    @Pierre Lecourt:
    Il y a presque 10 ans, je faisais tourner mon PC à fond sur SETI@Home, par défaut les tâches sont en priorité basse (visible dans le gestionnaire de tâches Windows), donc tout le CPU non utilisé est alloué à SETI, donc ça ne posait aucun problème pour utiliser le PC de manière fluide, même pour jouer.
    Pour le GPU par contre, il me semble que j’avais besoin de mettre en pause les tâches GPU pour pas que ça affecte trop les jeux. Il n’y avait soit pas de notion de priorité GPU à l’époque de Windows XP, soit c’était pas/mal géré, je sais pas, mais j’imagine que ça doit pouvoir se faire aujourd’hui (au pire un truc qui détecte le lancement de jeux ça fera bien l’affaire).

    Pour les besoins de Qarnot en bande passante et fiabilité, je pense pas que ce soit si sensible que ça, si leur système distribué n’est pas robuste, il n’a aucune crédibilité sur ce terrain.
    Pour le rendu d’image, c’est pas du temps réel, le projet Blender est envoyé sur X machines, qui ont l’instruction de produire un segment de « durée/X » et après une machine centralise le tout pour assembler. Pour assurer de la redondance (plus on a de machines, plus on a probabilité que l’une d’entre elle tombe en panne), peut-être qu’ils envoient le projet en double et qu’ils comparent les images en double pour s’assurer qu’il n’y a pas de défauts avant d’assembler la vidéo.

    Je sais plus si c’était SETI lui même, ou d’autre projets sur BOINC, mais il me semble que le taux de redondance par défaut était de 3, donc chaque élément à calculer était envoyé à 3 personnes, et le résultat était comparé pour validation, ça permet d’éviter les machines défectueuses et les tricheurs.

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  • Dan
    9 mars 2018 - 18 h 59 min

    Le cas de cette bécane m’intéresse pour essayer de comprendre le carnage énergétique provoqué par le minage des crypto-monnaies.
    Elle utilise 2 cartes graphique AMD Radon RX 580. J’y connais rien en CG.
    Quel est le niveau de puissance de cette CG RX580 ? C’est le top du moment ?
    Quel est à votre avis la puissance nécessaire de l’alim en watts pour faire tourner ces deux cartes à plein régime ?

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  • Alf
    9 mars 2018 - 20 h 25 min

    @Dan:
    Tiens, tu peux regarder ce lien : https://digiconomist.net/ethereum-energy-consumption , c’est effectivement un carnage.
    Le chiffre le plus violent, c’est la consommation par transaction (càd le moindre payment effectué avec) : 59 kWh, soit la consommation moyenne d’un foyer américain pendant 2 jours. Avec le tarif EDF ça représente 8,65 euros.

    Et à côté de ça, si on regarde leur page sur le Bitcoin, c’est 789 kWh par transaction, soit 115.74 euros avec EDF, ou 26 jours d’électricité pour un foyer américain moyen.

    Sinon pour la RX 580, c’est du bon milieu de gamme, c’est censé être pas trop cher (environ 250€) mais les pénuries de mémoire (en partie à cause du minage) ont fait exploser le prix. Le top du moment doit faire 2X plus puissant sur les jeux vidéos, mais les différences d’architecture entre Nvidia et AMD font que la RX580 est l’une des cartes les plus rentables pour miner.
    Pour la consommation, c’est dur à dire, on peut trouver facilement la consommation de la carte pour du jeu vidéo, mais les mineurs aiment bien baisser le voltage et diminuer un peu les fréquences pour trouver le rapport optimal consommation/performance (vu que c’est là que se joue la rentabilité ou non du minage), donc faut voir comment Qarnot à choisit de configurer les cartes.

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  • 9 mars 2018 - 20 h 56 min

    Ça me fait penser aux arnaques des panneaux photovoltaïques.

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  • Dan
    9 mars 2018 - 21 h 47 min

    @Alf:
    Merci pour le lien, je n’ai fait pour le moment qu’une lecture rapide en diagonale, mais c’est super car ça cause de comparaison avec le paiement VISA et l’extraction de l’or. Ça cause aussi de l’empreinte carbone … Bref c’est pas trop le lieu pour causer de ça ici, mais à mon avis faut bien prendre conscience que ce genre d’activité de minage et ce genre d’utilisation des bécanes et des CG, c’est pas bon pour la planète !

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  • 10 mars 2018 - 10 h 57 min

    Pour ceux qui se demande ce que l’on peu chauffer avec 500W
    Pour faire simple suivant l’age et l’isolation d’une maison il faut compter entre 110W/m² et 130W/m²
    Donc 2900€ autant dire que ce ne sera rentable que pour la société qui revend le produit,
    l’acheteur sera en permanence de sa poche et en été la machine sera certainement underclocké pour ne pas trop chauffé.

    Répondre
  • 13 mars 2018 - 8 h 51 min

    L’idée de base de Qarnot est extraordinaire

    Répondre
  • 27 mars 2018 - 13 h 56 min

    A mon avis on est au début de ce genre d’objet connecté dédié au minage de crypto-monnaie. L’idée est bonne d’utiliser la chaleur des microprocesseurs pour chauffer mais qu’en est-il de la rentabilité de ces appareils ? En plus avec le cours de l’Ethereum qui s’effondre: https://www.cryptolia.fr/crypto-monnaies/ethereum/, ça risque de prendre des années avant d’avoir son retour sur investissement …

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