CES 2013 : Polaroid iM1836 ou comment décrédibiliser Android

CES 2013 : Polaroid iM1836 ou comment décrédibiliser Android

C’est ce que j’appelle un produit catalogue, un truc qui peut limite faire envie sur papier glacé ou listé sur un écran, mais qui, dés qu’on l’a en main, perds tout son intérêt. Ce produit est difficile a décrire en restant poli, c’est un mélange de mauvais plastiques et d’Android. Une très mauvaise nouvelle pour le genre.

Le monde des appareils photo Android en est à ses balbutiements, rappelez vous du monde tablette Android d’il y a 2 ans et projetez le sur ce nouveau format. Certes il y a de beaux modèles, je pense à celui de Samsung par exemple. La marque bénéficie d’un énorme avantage lié à son expérience dans le monde Android et celui de la photo. Le Polaroid iM1836 ne bénéficie de rien d’autre que de l’appétit financier des propriétaires de cette marque.

 

Quand j’étais gamin, j’ai lu dans je ne sais quel journal l’histoire du père du premier appareil photo à développement instantané, futur papa du concept Polaroid. C’était un ingénieur de génie et l’histoire m’a marqué.

Avec l’arrivée de la vidéo d’abord puis la photo numérique, le principe du Polaroid a perdu son attrait et comme le reste du format photo argentique, il a souffert jusqu’à la fermeture de la production et la « disparition » de la marque. Depuis Polaroid est devenue une marque sans vie, un simple logo que les propriétaires posent sur des produits qu’ils ne fabriquent pas. Le but du jeu étant de faire croire aux nostalgiques que l’objet ainsi estampillé à un quelconque intérêt.

Mais il suffit de 3 secondes pour se convaincre que cet « appareil photo numérique » Polaroid iM1836 n’est rien d’autre qu’un sous produit plastique sans aucun intérêt.

 

Tout est mauvais sur cet appareil et c’est une insulte technique faite à Polaroid que de le proposer sous ce nom. En fait l’idée des distributeurs de ce produit est de jouer sous le double tableau de cette marque et de l’image d’Android pour insuffler de l’intérêt dans un engin aux plastiques de mauvaise qualité et sans aucune espèce de compétence.

Les curieux, attirés par l’option d’un appareil a objectif interchangeable sous Android pourront se laisser tenter, réconfortés par la marque Polaroid : En réalité ils achètent un appareil noname rebadgé où l’apport d’Android est nul.

L’objectif interchangeable est bien réel mais à regarder l’objectif de base on se rend vite compte que n’importe quel appareil photo numérique compact de base fera de meilleures photos. Point de verrerie dans l’optique cet « objectif », juste des bouts de plastique dignes d’une webcam milieu de gamme.

Les divers dispositifs et boutons embarqués sont médiocres et désagréables : Loin de l’impression d’outil quasi scientifique  que peut laisser un appareil photo de qualité lorsque l’on pousse le bouton de déclenchement, ce Polaroid iM1836, laisse surtout une impression de flou. Pas d’oeilleton de visée et un écran TN médiocre et brillant, la prise de vue se déclenche 1 seconde après la pression et l’appareil ne peut shooter que toutes les 2 secondes. Un régal pour fan de photo masochiste.

 L’addition d’Android n’apporte quasiment rien au produit, si ce n’est des soucis : L’écran tactile est peu précis et on est malhabile a l’exploiter. Certes les fonctions d’intégration d’Android et la présence d’un Wifi permet de balancer des clichés rapidement sur le réseau : Des fonctions de correction d’image et de changement d’expositions sont également dispo mais… Au vu de la qualité de l’optique, un bon smartphone devrait faire de meilleurs clichés et offrir les même options. De toutes façons, vu la qualité de l’écran TN 3.5″ au dos de l’appareil, imaginer retoucher proprement les couleurs d’un cliché devrait parfaire le catastrophique de l’ensemble. C’est comme un film Instagram unique, qui rendrait toutes vos prises de vues médiocres.

L’ajout d’Android dans l’appareil a donc uniquement servi de coup de pub à la marque, l’objet est tellement médiocre que je n’ai vu et lu que des avis clairement horribles sur l’objet. Je n’ai pas réussi a mettre la main sur un cliché pris par l’appareil mais j’imagine que c’est franchement pas la joie sans trépied ni un éclairage important.

L’important pour Polaroid est de pouvoir coller des boutons de réseaux sociaux sur sa pub ainsi que le petit Androbot de Google. Expliquer aux gens qu’ils pourront socialiser facile et changer d’objectif…  En pratique l’appareil sera vendu 349$, plus cher que de nombreux produits bien meilleurs en photo sur le marché.

    

Pourquoi passer du temps sur un pareil engin en plein CES ? Mis à part le fait que c’est toujours musant de discuter avec un représentant de la marque navré d’essuyer encore et encore les mêmes questions irritantes sur la qualité du produit, de pointer du doigt le coup de Tipex sur la petite affichette pour ajouter un 4.1 sur Android. De montrer que malgré l’annonce d’un Jelly bean l’objet est sous Ice Cream Sandwich…

Il s’agit surtout de désamorcer le problème posé par ce type de sous produit. Intégrer Android dans un appareil photo est une bonne idée, c’est un système qui peut très bien s’y adapter pour peu que l’on pense clairement à l’exploiter dés le départ et que l’on n’utilise pas uniquement l’écran tactile pour manipuler l’appareil photo. Mais l’intégrer aussi mal est dangereux. Un acheteur de ce produit n’en sera pas satisfait, il aura dépensé une petite fortune pour un engin cauchemardesque.

Il ne faut pas que  ce type de produit se vende si on veut que d’autres fabricants puissent se pencher sur la question d’une bonne intégration d’Android dans ce type d’appareil. Intégrer un système comme celui de Google pourrait ouvrir la voie a des tonnes d’utilisations innovantes et des développements sur mesure, mais à condition d’une part que les produits soient au minimum corrects et surtout que le développement d’applications pouvant prendre en compte les spécifications de l’appareil soit possible et documenté.

13 commentaires sur ce sujet.
  • 16 janvier 2013 - 14 h 34 min

    D’ailleurs à qui appartient la marque Polaroid aujourd’hui ?

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  • 16 janvier 2013 - 14 h 58 min

    C’est clair polaroid est mort , comme kodak en fait …

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  • 16 janvier 2013 - 15 h 23 min

    @eeegr: elle serai toujours a polaroid d’apres wikipedia

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  • 16 janvier 2013 - 16 h 23 min

    Polaroid appartient à deux fonds d’investissement.

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  • 16 janvier 2013 - 16 h 35 min

    @mrassol: Ah, Wikipedia!…

    Suite à une 1ère faillite en 2001, Polaroid avait été repris par Petters Group Worldwide. Suite à des malversations de ce dernier, Polaroid s’est retrouvé une 2nde fois sous le régime des faillites en 2009.
    http://www.lejournaldesarts.fr/site/archives/docs_article/62135/polaroid-arrete-la-production-de-ses-legendaires-films-instantanes-et-se-declare-en-faillite.php

    Ensuite, la société a été reprise par le fonds d’investissement new-yorkais Patriarch Partners.
    http://www.boursier.com/forum/thematique/economie/l-americain-polaroid-en-faillite-repris-par-le-fon-i91016.html

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  • 16 janvier 2013 - 17 h 34 min

    @ttfch: merci pour l’info :)

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  • 16 janvier 2013 - 18 h 38 min

    Regardez ce que produit maintenant Polaroid: des smarphones, des tablettes, … sous Android, des écrans, … que des produits nonames.

    C’est triste de voir un grand nom réputé devenir comme ça. C’est comme Akai. Souvenez vous, grande marque japonaise de la hi-fi de qualité des années 70-80. Début de la chute dans les années 90. Puis depuis les années 2000 c’est devenu chinois et vend du noname de piètre qualité.

    J’ai peur que Sharp subisse bientôt le même sort, marque haut de gamme en grande difficulté financière …

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  • 16 janvier 2013 - 20 h 27 min

    bof archos fait à peu près la même chose !

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  • 17 janvier 2013 - 9 h 39 min

    C’est tout le problème des grandes marques qui basent leur succès sur un seul savoir faire, si unique et novateur soit-il. Un jour, on n’en n’a plus besoin.

    Kodak est un excellent exemple, en effet.
    Je pense que leur savoir faire restera inégalé, mais bon, c’est comme faire de la cote de maille, il restera toujours 3/4 fanas dans un coin pour en faire, mais de la à faire un business.

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  • 17 janvier 2013 - 18 h 03 min

    Mon dieu 349€
    Je me suis acheté un beau Nikon à 180€ y’a pas longtemps, avec un vrai objectif de 16 mp ^^

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  • 17 janvier 2013 - 19 h 29 min

    Ce n’est pas une fatalité, pour les marques monoculture,De disparaitre, un jour ou l’autre suivant l’évolution de la technologie ou du marché. Un bon exemple c’est le concurrent de Kodak. Fujifilm. Il on senti le vent tourner,suffisamment à l’avance, pour se reconvertir dans le numérique. Ceci avec le succès qu’on connait.

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  • 15 octobre 2013 - 15 h 21 min

    Bon, c’est fait, ils se font attaquer par Nikon pour copie du design du Nikon 1. Plainte déposée aux USA.

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  • 22 septembre 2014 - 15 h 45 min

    […] Le dernier appareil photo numérique signé Polaroid que j’ai eu en mains était comme la dernière tablette Polaroid que j’ai eue en mains, c’est à dire un gadget pour enfant. Le problème pour la marque c’est que l’appareil photo était à destination de tous et que la tablette était franchement navrante. Polaroid c’est devenu un gagne pain creux pour des investisseur ayant autant la fibre ingénieuse qu’un escargot à du talent pour la corde à sauter. […]

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