TouchPico : Un picoprojecteur tactile sous Android

TouchPico : Un picoprojecteur tactile sous Android

TouchPico, c’est ce genre de projet en crowdfunding pour lequel on ne sait pas trop sur quel pied danser. D’un côté, il y a une excellente idée derrière ce petit projecteur vidéo, de l’autre on se rend bien compte qu’il est également très limité.

L’intérêt du pico-projecteur, c’est de vous permettre de partager un écran de grande diagonale là où vous auriez dû vous contenter d’un tout petit écran voir de pas d’écran du tout. Avec des diagonales exploitables allant d’une dizaine de pouces à de très beaux formats dans des conditions optimales, ces pico projecteurs offrent parfois une solution qui dépanne l’utilisateur.

Ce TouchPico va plus loin puisque, comme son nom l’indique, il apporte également une dimension tactile à l’usage en employant un stylet qui permet de manipuler le contenu de l’écran. Soit directement sur l’écran projeté, soit en définissant une surface de contrôle au préalable.

Pourquoi amener du tactile à un projecteur vidéo ? Parce que cet engin n’est pas simplement un affichage passif, il embarque également un cœur de minimachine classique tournant sous Android 4.0;

Avec une diagonale d’image maximale de 80 pouces, ce TouchPico se présente donc comme une alternative autonome de travail. Il comporte sa propre batterie et permet de retrouver une interface Android n’importe où. Cette image sera pilotée par le stylet sans fil avec tous les usages habituels de ce type d’engin : Jeu, web, vidéo, présentation, vidéoconférence… Même si l’idée d’écrire sur un mur derrière un projecteur n’est pas forcément la meilleure.

TouchPico

Evidemment, comme souvent avec les picoprojecteurs, grande diagonale ne rime pas forcément avec haute définition, le TouchPico est un produit de dépannage et pas un home cinéma portatif : Il produit une diagonale de 854 x 480 pixels ce qui est fort peu dans des usages courants de nombreuses applications. Le Surf par exemple, sera très étriqué. La luminosité de la led étant de 80 lumens ne permettra pas de profiter de grande diagonales hormis dans les meilleurs conditions possible : Pièce plongée dans le noir de rigueur. Le son émis par l’engin ne devrait pas être fantastique non plus, même si il est possible de brancher un casque ou une paire d’enceintes dessus.

Enfin, son autonomie sur batterie ne permettra pas de voir un film complet, les 45 minutes données par le constructeur étant le meilleur scénario possible… Si cette faible autonomie est une bonne nouvelle pour éviter les réunions Powerpoint impromptues, cela enlève un peu du charme de l’objet.

TouchPico

Pourtant, le TouchPico sera proposé à 499$ hors de son financement participatif, un prix pas forcément donné qui l’éloigne à mon sens de certains exemples donnés dans la vidéo. Si l’objet pourra dépanner un pro dans son travail, je vois mal des bambins s’en servir de manière autonome comme d’un vulgaire joujou. Le financement a été assez vite atteint et la marque à toutes les cartes en main pour produire l’objet. Nous verrons donc bien ce qu’il donnera au final.

TouchPico

Le touchPico embarque des ports USB, HDMI et Audio/Video. Il dispose d’un lecteur de cartes MicroSDHC et d’un Wifi de type 802.1n. Un trackball optique est également disponible sur la machine pour la piloter facilement sans avoir à recourir au stylet systématiquement. Il est également possible de le piloter via une application Android sur un smartphone ou depuis un PC.

4 commentaires sur ce sujet.
  • uko
    30 juillet 2014 - 15 h 49 min

    J’applaudis l’initiative, mais j’ai du mal à croire au succès commercial de cette solution.
    Sur le papier déjà: 45mn d’autonomie, c’est la moitié de ce que propose un picoprojecteur moyen. 500€, c’est le double de ce que coûte un picoprojecteur moyen.

    Mais c’est dans la pratique que ça se corse:

    – Une présentation pro ou dans une classe ? Avec une luminosité de 80Lumen, il faudrait plonger la salle dans l’obscurité complète.

    – L’aspect pratique de la solution android intégrée ? Très faible en réalité: elle fait exploser le prix et grève les performances, pour ne pas apporter beaucoup plus que les systèmes intégrés aux picoprojecteurs standards qui savent déjà lire les vidéos, les images et les documents.

    – Un bon smartphone couplé à un picoprojecteur standard couvrira tous les usages manquants, sauf pour l’aspect « tactile au mur ». Et qui ne possède pas déjà le smartphone de nos jours ?

    – L’appareil présenté dans la vidéo semble relativement gros pour un Picoprojecteur. S’il s’agit de la version définitive du boitier, il souffrira de la comparaison avec la concurrence.

    On notera en passant que la vidéo publicitaire est de toute évidence truquée et ne représente pas l’expérience réelle que proposera la machine. La luminosité d’un picoprojecteur n’a rien à voir avec celle des projections qui y sont présentées. Même un Miniprojecteur de 500 Lumen ne rend pas une image aussi lumineuse et a besoin d’une obscurité quasi complète pour proposer un rendu contrasté.

    Bref, il ne reste à cet appareil que l’aspect « tactile au mur », dont la précision semble approximative même dans une vidéo de présentation qui fait pourtant de son mieux pour présenter le produit à son avantage. Cet aspect est aussi celui qui sera le plus affecté par le manque de luminosité du produit: Combien de classes peuvent se targuer de pouvoir faire le noir complet ? Et combien d’instituteurs accepteraient de travailler dans ces conditions ?

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  • 31 juillet 2014 - 14 h 18 min

    @uko: C’est vrai que c’est dur à faire passer, mais c’est le cout à payer pour être « early adopter » sur un produit innovant.

    Sinon, quelques points:
    -La luminosité de 80 lumen est 4x supérieur à des pico projecteurs d’entrée de gamme (comme l’Optoma PK201 qui fait du 20 lumen, dont le prix de lancement était de 300€).

    -L’autonomie, en supposant qu’elle soit de 45 minutes à pleine puissance, pourrait donc être multipliée par 4 si on peut régler le projecteur sur 20 lumen, soit 3h. Et un projecteur entrée de gamme, comme l’Optoma PK201, fait lui aussi seulement 45 minutes mais à seulement 20 lumen.

    -Sans android, j’ai du mal à voir comment ils auraient intégré la partie « tactile », peut être avec un système maison et une app dédiée, mais le retard tactile du à la latence entre le projecteur et la machine doit sans doute être plus important.

    -OK pour un smartphone avec un picoproj, mais la fonctionnalité principale de ce produit, c’est quand même de transformer n’importe quel mur ou table en écran tactile. Si le client n’est pas intéressé par cet aspect la, alors oui aucun intérêt.

    -C’est vrai qu’il est un peu imposant.

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  • uko
    31 juillet 2014 - 16 h 24 min

    @Pierre:
    Heureux de rencontrer un autre adepte de mini projecteurs :)

    Je vais pour te répondre prendre comme référence un picoprojecteur récent, plutôt qu’un modèle low-cost de 2010: Le PHILIPS PicoPix PPX3407.
    – Il est actuellement disponible à moins de 280€ (contre 500€ ici)
    – Il s’agit d’un Philips, une marque reconnue et qui a fait ses preuves (contre « marque inconnue » ici).
    – Sa luminosité est annoncée à 70 Lumens (contre 80 ici).
    – Son autonomie est annoncée pour 2h (contre 45mn ici).
    Il semblerait que dans les deux cas, l’autonomie annoncée concerne « les conditions optimales », donc un mode économie d’énergie.

    Le seul vrai point fort de cet appareil serait donc son utilisation tactile. On le voit bien dans la vidéo de démo, pour le moment cet aspect n’est pas franchement au point. Les tracés de l’institutrice sont imprécis, alors même qu’il s’agit d’une vidéo promotionnelle.

    Mais le point qui me laisse le plus dubitatif, c’est l’usage pratique de cet aspect tactile pour un appareil à la luminosité aussi faible. Pour un usage individuel, un netbook, une tablette ou même un smartphone devrait rester plus ergonomique.

    C’est donc pour les présentations que l’aspect « projecteur tactile » révèle un intérêt. Hors même avec mon projecteur 500 Lumens, en journée je dois fermer les volets et tirer les rideaux afin d’obtenir une pénombre suffisante pour que l’image projetée soit exploitable.

    Un 80 Lumens, dans une salle de classe ou de conférence ? Désolé, je n’y crois pas. Pas plus que ma compagne, institutrice, qui trouve les 500Lm de notre projecteur insuffisants pour ses usages pro.

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  • 1 août 2014 - 13 h 38 min

    @uko: J’aurais du pousser mes recherches de pico projecteurs un peu plus loin, ce Phillips a l’air sympa, quoi que un peu plus imposant. Après pour la visibilité en plein jour, j’avoue en avoir aucune idée.

    Et c’est vrai que 80 lumen, c’est très très peu. Je viens de tester un projecteur 3000 lumen (donc ça ne rigole pas) plein jour, mais ciel nuageux (donc ça pourrait être pire), et c’est pas terrible! Voila une photo pour s’en rendre compte: https://cloud.ducher.me/public.php?service=files&t=28109e7ccf37098eb9b0a0e983865532

    Du coup après m’être rendu compte de ce qu’il faut en lumen pour un projo, je comprends pourquoi tu dis que les images dans la vidéos ne montrent pas le vrai projecteur. Il ne pourrait pas être aussi lumineux.

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