Texas Instruments s’éloigne du marché des smartphones et licencie 1700 personnes

L’OMAP n’est pas mort, les rumeurs d’un abandon du processeur ARM de TI sont toujours aussi farfelues et les investissements nécessaires à sa prise en charge ne seront pas jetés aux orties de si tôt. Par contre Texas Instruments met bel et bien son investissement dans le marché Smartphone sur une voie de garage. Le fondeur en profite également pour supprimer 5% de son personnel.

Les rumeurs vont bon train depuis des mois : Rachetée d’abord par Amazon, puis par Apple, la division OMAP de Texas Instruments n’en finit pas de rebondir dans les colonnes spéculation de la presse. Pour le moment un fait est établi, clairement identifié par TI : Le secteur grand public de la tablette et du smartphone est très difficile à tenir, TI ne souhaite plus s’y engager comme par le passé, dans une course à la performance.

Avec Samsung et ses Exynos, Nvidia et ses Tegra, Qualcomm et ses Snapdragon sur le haut du panier et une tonne de plus petits acteurs en périphérie, le marché ARM est très concurrentiel. La pluie de dollars d’investissement qu’il demande pour les plus gros est difficile à tenir alors qu’en bas de la pile, les plus petits acteurs arrivent à s’en sortir avec des moyens très faibles. Ce grand écart rend la position de Texas Instruments sûrement très inconfortable puisque la marque n’a pas  su capitaliser aussi fortement son image que ses petits camarades de jeu.

En ayant des investissements énormes pour la réalisation de ses puces OMAP, et notamment son OMAP 5 en Cortex-A15, mais peu de reconnaissance grand public, la rentabilité est difficile à prévoir pour TI. Le risque de voir arriver une puce « surprise » d’un concurrent est énorme car elle pourrait balayer d’un coup les investissements effectués en amont et forcer par exemple le fondeur à baisser ses tarifs. Nvidia a par exemple sorti 2 puces avant un Tegra 2 enfin commercialisable. Le retour sur investissement a été long et c’est avec son Tegra 3 que la marque a pris enfin son envol sur ce secteur commercialement parlant.

Face à cette concurrence, TI décide donc de jouer une politique de retrait en se concentrant sur le marché qu’il connait le mieux, là où les puces produites restent longtemps à l’affiche : Le monde industriel. Cela n’empêchera pas la marque de proposer son OMAP 5 a qui en voudra mais l’idée  est bien de vendre des puces sur du long terme, histoire de lisser au maximum les bénéfices par rapports aux investissements colossaux que ce genre de création représente. Les précédents OMAP poursuivaient déjà cette stratégie avec des implantations dans des liseuses comme la Kindle fire ou les Nook. Des engins qui ne changent pas de puce tous les 6 mois.

En pratique c’est tout de même la suppression de 1700 emplois pour l’entreprise, pour « réduire les coûts et recentrer les investissements. » De quoi économiser 450 millions de dollars. TI pourrait donc retourner à sa vie d’avant, celle d’un producteur de puces presque inconnu du grand public ailleurs que dans des calculatrices pour bacheliers en puissance qui livre tout de même quelques centaines de millions de composants par trimestre sur toute la planète.

Source : TI

3 commentaires sur ce sujet.
  • 15 novembre 2012 - 19 h 54 min

    Salut Pierre, je t’avais bien dis de lire entre les lignes… :)

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  • 19 mars 2014 - 16 h 10 min

    […] en plus complexe et concurrentiel sur ce secteur et malgré l’appui soutenu d’Amazon, a préféré s’en éloigner pour d’autres perspectives à la fin 2012. Ce mouvement de repli pourrait atteindre d’autres acteurs du marché. D’autres arques […]

  • 2 mai 2016 - 14 h 19 min

    […] d’autres ont clairement décidé de se retirer de ce secteur devenu assez compliqué. Texas Intruments par exemple a été un des précurseur de ce mouvement. D’autres comme Nvidia ont décidé de […]

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