DIY : Un manipulateur Morse USB pour pianoter d’un seul doigt

Un manipulateur de signal télégraphique a été combiné à une solution Arduino pour pouvoir émettre à nouveau vers un ordinateur. Une Hackeuse a décidé de créer ce manipulateur Morse USB à partir d’un engin hérité de son père. Une carte Teensy compatible Arduino a été utilisée pour redonner vie à cet objet.

Morse USB

Pour une première expérimentation en électronique de sa part, elle a décidé de faire cohabiter un engin analogique avec l’univers du numérique. Ce Morse USB est un bon exemple de projet simple et abordable pour s’initier à ce genre d’expérience. Si l’aventure n’a pas été sans mal au vu de son récit, le résultat est au final positif et l’apprentissage a été fructueux. Première étape, monter la platine du manipulateur sur un support lui permettant d’accueillir la petite carte Teensy. Un petit morceau de bois a été choisi et taillé pour embarquer la minuscule carte.

Morse USB

Deux broches de la petite carte compatible Arduino des 28 disponibles ont été reliées au système analogique pour reprendre le contact électrique originel de l’objet. La première est une broche programmable, la seconde est une terre. Quand le manipulateur entre an action, le circuit est donc fermé et la carte peut traduire cette fermeture et l’envoyer vers un ordinateur au travers de sa prise USB.

Morse USB

Après quelques heures de travail et un peu d’huile de coude, le Morse USB est prêt. C’était la partie facile. Il a ensuite fallu coder.

Après quelques tests consistant à faire reconnaître le signal d’arrivée de la carte Arduino lorsque le manipulateur Morse USB était pressé, le vrai code a été mis en place. Mais il fallait résoudre un souci de dialogue entre analogique et électronique. Le signal envoyé par le manipulateur n’était pas stable. Il commençait par indiquer une série de variations ouvert/fermé les premières millisecondes de chaque contact avant de se stabiliser en « circuit fermé » ou « circuit ouvert ». Un signal indistinct qui ne posait pas de problème en utilisation télégraphique où il était « invisible » mais qui est détecté par l’électronique de l’Arduino. Et qui renvoie donc autant de signaux vers un PC. Une librairie existe pour compenser ce phénomène de traduction analogique / numérique baptisé « rebond ». Elle a donc été utilisée pour compenser cet effet.

Morse USB

Une fois correctement détectés, les signaux ont du être traduits en langage morse. Ce qui suppose une différenciation entre les points, les tirets, les lettres, les pauses et les mots. Ce qui est un vrai problème car la transmission utilise un certain rythme qui n’est pas codifié mais qui dépend de l’humain qui émet. Chaque télégraphiste avait son propre rythme et c’est a partir de ce rythme qu’à l’autre bout de la ligne, on pouvait comprendre le message donné. Un télégraphiste rapide ne laisse pas le même temps de pose entre les mots qu’un télégraphiste lent. Et chacune de ces signatures devait donc être interprété.

Impossible de contourner ce problème pour ce projet, impossible d’analyser le message au fur et à mesure et peut être ensuite dans sa globalité mais également faute de…. différentes signatures télégraphiques ! Il devrait être possible de coder un système qui comprenne ces rythmes différents mais je doute que ce Morse USB ne retrouve vraiment du service, il s’agit plus d’un défi qu’autre chose.

Il  a donc été calibré pour son utilisatrice suivant un rythme qui lui correspondait. Et le tour est joué. Le Morse USB peut désormais communiquer avec un PC, ce qui ne sera probablement pas utile au quotidien mais qui donne une seconde vie originale à l’objet tout en jetant quelqu’un de plus dans le grand bain du hacking.

19 commentaires sur ce sujet.
  • 2 octobre 2017 - 12 h 39 min

    Cela m’aurait presque donné envie de ressortir ma « pioche » du placard ;-)

    Pour les « puristes », on ne dit pas « points, tirets, lettres, pauses et mots »… Mais juste points, traits, caractères et groupes (ben, il y a aussi des chiffres, de la ponctuation, et ce ne sont pas forcément des mots qui sont transmis ;-) )

    Quant à coder un logiciel pour interpréter le morse, cela a déjà existé et existe probablement encore ; la grosse difficulté étant de s’adapter à pas mal de phénomènes particuliers : la « signature » du manipulateur, les interférences, la stabilité du signal (puissance); voir différencier le morse « à la pioche » (ta photo) ou au vibro (qui peut être soit une simple lame qui se balade entre deux plots, ou un appareil électronique – ce dernier étant le plus simple à interpréter par un logiciel puisque le signal est calibré). Pour ma part, je n’ai jamais trouvé un meilleurs « interprétateur » que l’oreille humaine !

    //Fin de la minute culturelle//

    Et merci, je ne pensais pas l’antique code morse viendrait se balader sur Minimachines ;-)

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  • 2 octobre 2017 - 13 h 04 min

    @Mxte29Fr: Merci pour la Minute culturelle :)

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  • fpp
    2 octobre 2017 - 14 h 38 min

    Rhâââ, le Morse… l’unique fois où je m’y suis frotté, c’était à l’examen pendant les fameux « trois jours » du service militaire, au siècle dernier… Je crois que j’ai dû décrocher définitivement entre la seconde et la troisième grille :-)

    Et c’était sans remords, car un copain de lycée qui avait déjà fait son service m’avait donné ce conseil : « sois nul en Morse, sinon tu vas te retrouver aux Transmissions dans un fort à Verdun… »
    (histoire vécue par lui). J’ai pas eu besoin de forcer :-)

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  • to
    2 octobre 2017 - 15 h 32 min

    Yapuka interfacer avec vi et hop editage de binaire en morse!!!

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  • 2 octobre 2017 - 15 h 47 min

    @fpp: haha +1

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  • gUI
    2 octobre 2017 - 16 h 05 min

    On fantasmait avec le clavier ultime qui ne comporte que deux touches : 0 et 1.

    Là il a fait encore plus fort :)

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  • FAZ
    2 octobre 2017 - 16 h 41 min

    Et le code morse continue de se pratiquer par les radioamateurs. Une puissance d’émission réduite permet, avec ce mode de transmission, des liaisons inter-continentales. Aucune barrière de langue, pas de contrainte technique insurmontable et surtout la satisfaction de réaliser de lointains contact sans support extérieur (web / Gsm). Bref, que du plaisir pour le passionné…

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  • 2 octobre 2017 - 16 h 58 min

    @FAZ: Je savais pas :)

    @fpp: Ah les trois jours, faudrait faire un site lestroisjours.net pour partager les milliers d’expériences vécues :)

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  • Dan
    2 octobre 2017 - 17 h 44 min

    @gUI:
    C’est pas IL c’est ELLE.
    C’est une personne de la gente féminine qui est à l’origine de cette belle réalisation.

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  • Xo7
    2 octobre 2017 - 18 h 34 min

    @FAZ: bonjour, aucune barrière de langue…. Vous communiquez comment ? Systématiquement en anglais ? Car même la langue des signes est interprétée différemment suivant les pays …

    Pendant mon service j’étais radio mais je n’ai jamais vu de près ou de loin le morse… Pas assez rapide et trop facilement décodable je pense…. sauf pour les liaisons silencieuses (lumière) de bateau à bateau.

    … —…

    Trop facile c’est le seul connu et encore n’inverse peut être les traits et les points! Mais dans un enchaînement ça passe !

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  • Lou
    2 octobre 2017 - 20 h 39 min

    Projet très intéressant! Il pourrait être mis à profit pour certaines personnes porteuses de handicap, qui ne peuvent réaliser que de faibles mouvements (je pense aux Locked In Syndrom, les gens conscients de leur état mais dont le corps ne répond quasiment pas)

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  • 2 octobre 2017 - 20 h 58 min

    @FAZ: En effet, il suffit de peu de puissance pour faire de sacrée liaison. Dans mon jeune temps, des antiques émetteurs-récepteurs de seulement 30 watts de puissance permettaient des liaisons régulières en morse entre 1500 et 3000km (et même parfois 8000km, avec une propagation exceptionnelle), avec des appareils dont certain étaient de la taille d’une mini tour de PC d’aujourd’hui !

    @Xo7:
    Les liaisons radios en morses s’établissent le plus souvent avec des codes de 3 ou 4 caractères, ce sont des codes internationaux (code Q notamment) qui veulent dire la même chose partout, quelque soit la langue utilisée. Par exemple, quand on émet QTH ? Le gars à l’autre bout te renvoi sa position en longitude et latitude ;-) Mais il est vrai que pour des liaisons internationales, l’anglais est utilisé la plupart du temps, mais c’est du basique de chez basique, pas de l’anglais littéraire :)

    Pas rapide le morse ???? Mouarf, on voit que tu ne connais pas. A titre d’exemple, quand je recevais mon trafic, je devais le retranscrire à la machine à écrire… et bien des fois (surtout au début de mon job) j’arrivais pas à suivre… et pourtant je tripotais du clavier. Bien sûr que c’est facile à décoder, c’est le but, le morse n’est pas un code secret ;-) Quand à ce que tu appels « les liaisons silencieuses », plus communément appelé le Scott, c’est juste du Morse manipulé avec un projecteur, mais là par contre c’est vraiment beaucoup beaucoup beaucoup plus lent.

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  • 2 octobre 2017 - 21 h 40 min

    @Lou: Oui c’est vrai, surtout que là le mouvement est dur parce qu’il s’agit d’un vieil appareil, masi cela peut être vraiment très faible pour induire un courant.

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  • Xo7
    2 octobre 2017 - 22 h 12 min

    @Lou: Oui ou pour envoyer des texto au volant d’une voiture… après avoir détourné un bouton des manettes présentes sous le volant…

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  • 2 octobre 2017 - 22 h 43 min

    @Xo7: Je sais pas trop si c’est une bonne idée !

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  • 2 octobre 2017 - 22 h 50 min

    On n’arrête pas le progrès !

    Mon voisin Chappe, toujours à la pointe du progrès, me signale qu’on pourrait bientôt faire des signaux avec une machine à bras articulés , depuis une colline.

    Dès que Minimachines aura percé ce secret, Pierre pourra nous faire des signaux de fumée. Devant son tipeee bien sûr !

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  • Xo7
    2 octobre 2017 - 23 h 20 min

    @Mxte29Fr: @Mxte29Fr: Merci de tes précisions j’ai fait un tour sur Wiki…ou j’ai découvert que le morse avait aussi été utilisé par quelques musiciens …

    En répondant à lou je pensais au début à une double commande . & – sans s’avoir quelle existait déjà ! Cette histoire de pouvoir pianoter des notes au volant me titille depuis le milieu des années 90… sans avoir réussit à définir une stratégie convaincante de pianotage …. et revoilà le morse… Le morse associé a un correcteur orthographique prédictif il pourrait faire fureur dans un habitacle bruyant !

    je me coucherai moins bête ce soir !
    Bonne soirée à tous

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  • 3 octobre 2017 - 13 h 24 min
  • FAZ
    3 octobre 2017 - 16 h 02 min

    @Xo7 @Mxte29Fr : Le code Q international, sans oublier les multiples contractions de mots Français et Anglais qui font partis du langage radioamateurs. Ce qui permet de soutenir facilement une conversation technique au long cours avec un amateur radio.
    En ce qui me concerne, un émetteur réalisé avec un quartz, 2 transistors et quelques composants périphériques m’a permis de réaliser des liaisons au niveau de l’Europe, de l’Afrique et des Amériques. Puissance 3 watts soit la puissance de l’ampoule qui équipe le phare avant d’un vélo…
    Et pour en savoir plus sur ce monde fantastique, le site officiel des radioamateurs Français http://promocom.r-e-f.org/radioamateur/quelle-langue-utiliser/
    73 qro.

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