MintyPi, quand le DIY rejoint le futur de l’industrie

Après une première version pour répondre à la mode des montages dans les petites boites d’aluminium Altoid, la Minty Pi était apparue comme une console valable avec un second modèle plus abouti. Cette mise à jour la rend encore plus intéressante.

On avait croisé la Minty Pi 2.0 dans un billet précédent, cette console architecturée autour d’une carte Raspberry Pi Zero transformait une boite d’Altoids, célèbre boite de bonbons à la menthe, en une vraie console d’émulation portable.

Les boîtes Altoids ont toujours été prisées par les makers US : Elles sont petites, solides et disponibles dans toutes les pharmacies outre Atlantique. Elles sont donc apparues dans beaucoup de montages et ont accueilli la Minty Pi.

La première de ces consoles a été plus un pari de bricoleurs qu’autre chose, réussir à faire tenir une console de jeu dans cette petite boite était un challenge intéressant. Mais comme le travail effectué a eu beaucoup de succès, les créateurs ont décidé de revenir à la charge avec une seconde version que j’avais pu mettre en avant en Avril dernier. La grosse différence entre les deux versions était dans une rationalisation complète du processus de montage et l’aspect bien mieux fini de l’objet au final. Les créateurs de la Minty Pi avaient décidé de vendre un kit prêt à l’emploi pour créer sa console à partir d’une carte externe.

MintyPi

Cette version 2.0 améliorée reprend cette idée et va encore plus loin : Elle passe désormais par une carte Raspberry Pi Zero W ce qui apporte du Wifi à la solution. Mais d’autres détails ont été repensés. Par exemple, pour un meilleur aspect visuel, la partie écran qui se situe dans le haut de la boite en métal, n’est plus recouvert par un cache en plastique percé par des vis retenant l’écran. Un nouveau système de maintient de l’écran a été trouvé et on peut désormais clipser ce dernier dans le cache en plastique imprimé en 3D.

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Ce qui me fascine le plus dans cette aventure Minty Pi, c’est la manière dont cette idée de base est devenue un vrai concept. La blague de la console dans la boite de bonbons à la menthe est devenue un vrai projet et une affaire commerciale. Ses créateurs ont monté un forum et prennent en compte les remarques des participants, adaptent leur création et l’améliorent en reprenant les idées de ceux-ci. Ils ont élaboré une carte qui s’interface au mieux avec la Pi pour apporter des boutons solides et efficaces à l’ensemble. ils ont sourcé des pièces détachées et les proposent à la vente ainsi que, non seulement les composants nécessaires imprimés en 3D, mais également des éléments utiles comme des guides de perçage et des gabarits imprimés en 3D.

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Tout cela fleure bon l’artisanat avec un public clairement très particulier, disposant de compétences techniques et d’un appétit pour un produit qui ne séduirait probablement pas grand monde en magasin. Mais cela semble également coller avec ce qu’une partie de l’industrie lorgne pour le futur.

L’impression 3D est en plein boom, pour le moment réservée aux professionnels pour des matériels très haut de gamme, elle est également apparue chez les particuliers avec des imprimantes 3D de moins en moins chères et de plus en plus compétentes. Il y aura toujours un fossé entre ce que une entreprise pourra faire en impression 3D ou en usinage CNC ou en découpe laser et ce qu’un particulier pourra se permettre.

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Sans le recours à un FabLab et à des investissements massifs réalisés en commun, l’accès aux outils les plus pointus restera inaccessibles aux particuliers.

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Mais ce que vise une partie de l’industrie pour le futur rejoint de très près le projet MintPi. Créer du sur-mesures, localement, en écoutant ce que veulent les consommateurs. Imprimer en 3D des objets à 50 km de chez vous plutôt que de les faire voyager autour de la planète. Adapter des collections au grès des modes, des envies et des besoins. Distribuer des solutions localement en prenant en compte des soucis écologiques et marketing de plus en plus efficacement.

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Des acteurs majeurs de l’industrie prévoient qu’un jour il sera plus pertinent pour eux de proposer des objets dans une sorte de semi artisanat quasiment à la pièce. Des objets en céramique, tissus, plastiques ou dans divers métaux. De manière à étendre sans retenue leur catalogue et à trouver de nouvelles valeurs dans le côté sur-mesures et écologique des objets.

3 commentaires sur ce sujet.
  • Xo7
    6 novembre 2017 - 20 h 29 min

    …Et le sur mesure évite aussi les copies illégales d’un produit pensé à l’autre bout du monde tant que son coût d’achat reste en-dessous de l’energie necessaire à son copiage et à son adaptabilité… c’est à mon avis un concept viable à l’échelle de la planète comme le démontre les applis android ou itunes…

    D’un autre coté il va falloir faire face aux caprices des imprimantes, je me souviens trop des galères d’impressions des photographies sur les premières imprimantes (papier) et le coût de revient réel de ces photos…. ainsi que des premiers gaveurs de CD avec lesquels on jouait plus au mime Marceau qu’a des apprentis graveurs, à peine si l’on osait respirer de peur de rater (encore une fois) la gravure!!…

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  • 6 novembre 2017 - 22 h 09 min

    @Xo7: Oui, mais là on parle d’indusrie hein. D’imprimantes qui travaillent le métal et qui te sortent un produit aussi bien fini qu’une usine classique.

    Les gros industriels se penchent fortement sur la question, pour eux l’impression 3D est une évidence : Relocaliser des productions en circuit court va devenir indispensable à moyen terme. Le transport coûtera beaucoup trop cher.

    Et j’ai pas parlé des Micro-modes qu’on rencontre déjà dans le textile. en gros l’industrie sera capable de te sortir des objets comme MacDo fait des Happy Meals pour coller à une actualité cinéma. Ta voiture « Minions qui ne durera que 1 mois » avant d’être remplacée par une voiture Star Wars…

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  • 11 novembre 2017 - 12 h 13 min

    Xo7 : j’ai bien aimé ton post, souvenir ! Les CD loupés qui finissaient en frisbie ! Il faut bien reconnaître que l’impression 3D personnelle (un peu hors sujet) en est à ce stade, avec encore peu de machines sur les centaines disponibles qui savent détecter la fin du filament ou dont on peut l’extraire s’il casse dans l’extrudeur !

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