L’assistant Microsoft Cortana migre de votre PC à l’IoT

On parlait de Microsoft Cortana il y a peu avec ses futures évolutions à la prochaine mise à jour de Windows 10 mais Microsoft ne compte pas laisser son assistant virtuel uniquement coincé au coeur des PC. La marque pense également à l’Internet des Objets et veut développer un Cortana pour l’IoT.

Alors qu’Amazon et Google se livrent la bataille des salons aux US par assistants interposés, Microsoft tente peut être une autre approche pour venir s’immiscer dans nos maisons. Avec Google Home et Amazon Echo, les US goûtent aux joies des assistants personnels à qui l’on peut causer et qui nous renseignent ensuite en synthétisant la voix d’un fidèle majordome. Microsoft veut également sa part de ce marché très juteux de l’assistant personnel mais veut s’y prendre d’une manière légèrement différente

Amazon Echo

l’Amazon Echo c’est très rigolo.

Quand on pense aux assistants vocaux de Google et d’Amazon, on pense avant tout aux objets eux mêmes. Des trucs que l’on pose dans un coin et que l’on peut ensuite interroger. A qui on peut confier des tâches simples comme l’ajout d’un rendez vous ou l’incrémentation d’une liste de courses. Pas beaucoup plus que ce que propose un smartphone moderne mais avec un principe d’écoute permanente et de synthèse vocale qui fonctionne de manière fluide et… très pratique.

Le truc avec ces assistants c’est que l’humain est en général une grosse feignasse qui va au plus simple, l’apparition d’Internet a mis au placard les lourdes encyclopédies et les éditions CD-Rom de l’Universalis au profit du clic plus rapide. L’apparition des assistants vocaux sur smartphone évite de pianoter les quelques clics nécessaires à la prise d’un rendez vous de dentiste au profit de la dictée d’une petite phrase. Lancer à la volée un ordre vocal à son appareil, qu’il soit chez Amazon ou Google, pour prendre le même rendez vous ou connaitre la capitale d’un pays exotique séduit évidemment la part de flemme qui est en chacun de nous. Même si on sait que derrière quelqu’un écoute, pas un humain mais un algorithme d’analyse. Que votre appétit pour la recherche de musiques précises, vos demandes répétées de restaurants ou d’informations sur tel ou tel pays conduiront à une analyse, un traitement et une réponse automatisée pour vous inciter à consommer quelque chose plus tard quand vous serez en ligne.

cortana

Microsoft veut sa part de cet énorme gâteau qui se profile à l’horizon. Sachant très bien qu’il a loupé le coche avec les assistants vocaux à la Amazon Echo, la marque se tourne vers l’IoT. et ce n’est pas spécialement idiot. Si les petits gadgets de Google et d’Amazon existent aujourd’hui, ils ont un côté éphémère et très liés à la mode. Ce n’est, à chaque fois, qu’un cylindre qui se pose sur un bureau, un truc qui pourrait  être remplacé par plus joli, plus efficace ou mis au placard.

Mais imaginez que ce système d’assistant fasse partie intégrante d’objets du quotidien : Votre réfrigérateur, votre micro-onde ou votre centrale domotique. C’est exactement ce qui est visé avec une implantation de l’assistant Microsoft Cortana dans l’IoT. Non seulement une telle implantation aurait un fort pouvoir de séduction pour les usages de l’objet mais il serait également beaucoup plus difficile de le glisser au fond d’un tiroir.

Cortana

Microsoft Cortana va s’implanter dans des appareils variés : Réfrigérateurs,  thermostats et  autres objets du quotidien. L’idée est de pouvoir les régler à la voix mais également de faire interagir les objets entre eux. De pouvoir contrôler la musique du salon depuis la cuisine en causant à son four. De demander la météo à son lave vaisselle et de glisser à l’oreille de son radiateur d’ajouter du lait à la liste de courses.

On comprend vite qu’une fois face à son réfrigérateur et devant une pénurie prévisible de moutarde, les faibles humains que nous sommes seront ravis de pouvoir demander à voix haute à l’appareil de rajouter un pot dans le panier de notre liste de courses. De causer à son micro-onde pour qu’il adapte son programme de manière à réchauffer efficacement tel ou tel plat… La possibilité de commander une pizza en la demandant à son téléviseur pour ne pas rater son programme… Tout cela est très attirant et à quelque chose de séduisant. De fait, l’intégration dans des objets de notre vie quotidienne aura un impact plus fort qu’au travers des gadgets connectés sans réelle autre attache avec notre vie que leur service de base.

Cortana

Microsoft Cortana fait des promesses pour s’attaquer  à ce marché : Celles d’une reconnaissance efficace de votre voix même étouffée par une grande distance. vous pourrez gueuler à votre thermostat de baisser le chauffage sans vous lever du canapé. Vous pourrez également réveiller la machine à laver en demandant à Cortana un programme couleur pour de la laine, ce que vous seriez bien incapable de faire sans le manuel. Bref, vous pourrez piloter votre univers à la voix avec le même assistant que celui de votre PC sous Windows.

Reste à savoir si l’industrie va mordre à ce concept. On imagine mal Microsoft se mettre à fabriquer des micro-ondes ou des machines à laver. Il faut donc que la marque s’associe à des partenaires et que ceux-ci arrivent à vendre des produits ainsi équipés. Cela suppose donc de ne pas exploser les tarifs des frigos Cortanisés. ce qui n’est pas forcément impossible puisque ce genre de fonction n’a pas besoin d’un équipement hyper haut de gamme pour tourner. Il est probablement moins cher d’intégrer Cortana à un frigo que de lui coller un écran tactile géant.

Enfin il faut que les gens aient envie d’acheter ce genre de produit. Et ce pari là n’est pas gagné dans la vieille et récalcitrante Europe.

7 commentaires sur ce sujet.
  • 14 décembre 2016 - 12 h 41 min

    autant cortana, ou amazon echo ou siri ou autre « AI », je trouve ça super et genial, pas de soucis.

    Autant je ne vois pas l’interet de mettre sur un frigo ou grille pain connecté ou ce genre d’objet de tous les jours.

    « dit moi si il reste du beurre dans le frigo » => si la personne est pas chez elle aucun interet, au pire si elle fait ses courses, acheter une motte de beurre, pour le prix, vaux mieux avoir 2 ou 3.

    => Si la personne est chez elle, juste ouvrir la porte du frigo et regarder ca prend 10secondes…

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  • uko
    14 décembre 2016 - 13 h 20 min

    Le premier problème avec ce genre de système c’est effectivement sa capacité d’espionnage des masses. M’enfin, au point où on en est ça ne change probablement plus grand chose: Toutes nos actions internet sont déjà surveillées et décortiquées de milles manières par des organismes privés comme publics.

    On pense bien entendu à Google, Facebook, Microsoft, Apple… mais aussi:
    – les services secrets de toujours plus de pays, et une variété toujours plus large d’organismes d’état sous couvert de lutte contre le terrorisme ou la pédophilie.
    – Toutes nos actions téléphoniques sont aussi surveillées par ces organismes.
    – Nos déplacements aussi avec les GPS de nos smartphones.
    – Tous nos paiements sont décortiqués par les banques grâce à nos virements bancaires ou paiements par CB.
    – Toute notre activité électrique à la maison est aussi monitorée par EDF, qui a la capacité de déterminer par l’analyse des signatures électriques à quel moment un ordinateur est allumé, à quel moment il lance un jeu, quand le micro-ondes est mis en marche, à quelle heure on passe l’aspirateur, etc. Et ce avant les nouveaux compteurs, qui permettront une analyse bien plus fine des usages.
    – La Poste s’est aussi lancée dans le commerce de big data. Elle dispose d’une source d’information incroyable grâce à l’historique de nos échanges de courriers avec des organismes spécifiques, mais aussi nos liens avec d’autres particuliers, le type de colis reçus, et les retours d’information des postiers.
    – En parlant des contacts, il va de soi que toutes nos listes de contacts mail, téléphoniques, skype, FB ou encore Linkedin sont déjà dans la nature et se revendent à prix d’or.
    – Les magasins en ligne ou physiques (merci les cartes de fidélité) se font aussi un plaisir d’accumuler les informations sur leurs clients sur leurs habitudes consuméristes.

    Sachant que ces informations sont massivement analysées et recoupées pour établir des profils types, on imagine vite jusqu’où ça peut aller. En surveillant et recoupant les informations, les industriels sont déjà en mesure d’en savoir plus sur nous que nous-même. Un reportage expliquait qu’une grande surface était capable d’établir certains diagnostiques médicaux en fonction des achats de leurs clients, d’anticiper une ménopause ou des risques d’incontinence par exemple, et pouvaient ensuite utiliser ces informations pour cibler leurs publicités.

    Alors que reste-t-il à récupérer comme infos? Les conversations dans les foyers bien sur. M’enfin, au point où on en est… de toutes façons, l’étape suivante est déjà en route avec les objets connectés: Bracelets, montres et écouteurs qui se proposent de surveiller de près activité métabolique, source d’informations particulièrement alléchante pour les assureurs.

    Mais ce n’est pas le vrai frein à l’adoption de ces solutions par les masses. Le vrai frein, c’est que ça ne fonctionne pas encore comme annoncé dans la pub. On ne peut pas du tout discuter avec son assistant virtuel. Au mieux, on peut utiliser quelques phrases prédéterminées pour effectuer des actions spécifiques. C’est déjà bien, mais insuffisant pour les prétentions affichées par ces objets. Les possibilités sont peut-être déjà extraordinaires, mais si les utilisateurs voient 80% de leurs demandes à l’assistant rejetées ou redirigées vers un moteur de recherche internet, ils vont avoir du mal à accrocher. Il y a encore du pain sur la planche pour arriver à un vrai assistant intelligent.

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  • uko
    14 décembre 2016 - 13 h 21 min

    @haze: Si j’ai bien compris, l’idée n’est pas simplement de nous tenir informés sur le contenu du frigo, mais bien de remplir le rôle complet d’un assistant comme Amazon Echo ou Siri. Sauf qu’au lieu d’être centralisé sur un objet au milieu de la pièce, il est dispatché dans tous les objets de la maison et donc à l’écoute en permanence.

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  • 14 décembre 2016 - 13 h 47 min

    A vous de voir si il est impossible de se passer de ces lubies
    à chaque fois que je parles de l’espionnage de masse, autour de moi, la réaction est toujours la même : t’es un gros parano, et de toute façon, je n’ai rien à cacher (toi aussi mon chez Snowden)

    si je reprends l’exemple de UKO quand à la détection d’une maladie par les grandes surfaces, combien va valoir votre prime d’assurance ou votre crédit quand les assurances et les banques auront acheté l’info ?

    Tout ça pour éviter de faire une liste de course sur un papier, ou pour obtenir une information non vérifiée mais totalement crédible par ce Jarvis électronique

    dans le roman 1984 il est interdit de dire du mal du pouvoir en place. avec un (gentil) espion à domicile, on risque de se retrouver en prison rapidement

    mes voisins ont tous de magnifiques smartphones pour leur permettre d’être connectés au monde et avec plein d’amis virtuels, mais pas un n’est capable de dire bonjour dans la rue, ou d’échanger quelques mots par dessus le grillage du jardin

    Le progrès c’est bien, l’asservissement c’est moins drôle :-)

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  • 14 décembre 2016 - 19 h 01 min

    en france, il est interdit de faire des remises sur les assurances, lorsqu’on utilise un gadget.
    Une assurance voulait faire payer moins chers si vous utilisez des bracelets connecté ou autre exemple,
    si vous fumez, ou autre…
    çà serai bien si vous faisait du sport, vous ne fumez pas, vous avez une bonne hygiene de vie. Mais c’est illegal.

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  • 15 décembre 2016 - 12 h 27 min

    Bonjour,

    Très bon article, en effet la position de Microsoft est plutôt bonne (à mon sens) et permettra de s’intégrer plus facilement. Qu’on le veuille ou non c’est l’avenir.

    Aussi de très bon commentaires critiques sur le sujet.
    Je suis tout à fait d’accord avec vous et franchement c’est très flippant voir très grave ce qu’il est en train d’arriver. La plupart des gens s’en fiche et comme dit eugene, ils n’ont rien à cacher !! Les fêtes de fin d’années arrivent et je sais que ce débat va encore revenir autour de la table et il faudra encore prendre sur soi pour garder son calme face à cette manipulation de masses.

    @haze, je vais répondre ce que je répond a chaque fois pendant ces débats: oui c’est illégale aujourd’hui mais qui te dis que cela sera toujours le cas ? Nos libertés sont aujourd’hui de plus en plus réduites et il y a beaucoup d’exemples de choses qui étaient prises pour acquis par nos aïeux.

    J’espère que les journalistes et autres acteurs de ce monde arriveront à faire changer les choses avant que ce ne soit trop tard.

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  • 15 décembre 2016 - 14 h 45 min

    @Atikin: Ce n’est pas exactement la définition du métier de journaliste que d’être « acteur de ce monde ». Il y a déjà bien des manières de faire un assistant « protégé », cad qui n’utilise pas un service de streaming pour interpréter les commandes vocales, et qui pourrait faire des requêtes en SSL sur un moteur garant de la vie privée.

    Bien sûr, ces solutions ne sont pas aussi mature que celles des GAFAM, ont une reconnaissance vaseuse (surtout si vous tenez au français) et nécessitent de bonnes capacités au DIY matériel et logiciel.

    Vendre ses données en échange d’un tel service « tout fait » est un choix parmi d’autres, pas si inconscient que cela, tout le monde admet que donner son compte central google à l’initialisation de son smartphone offre un pouvoir considérable à google sur sa vie, mais « c’est tellement pratique ». Si on ne prend pas soi-même la décision de ne pas le faire (ce qui induit donc de plus galérer que le voisin par la suite), ce ne sont pas les autres qui vous sauveront de vos propres choix ensuite (de toute façon eux, ils ont cliqué depuis longtemps sur « J’accepte de vendre mon âme »).

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