Premiers tests des Intel Kaby Lake-Y Core i5-7Y54

Premiers tests des Intel Kaby Lake-Y Core i5-7Y54

Avec le changement d’appellation des puces Intel de génération Kaby Lake, beaucoup de voix se sont élevées pour critiquer le manque de lisibilité de la gamme Intel. En renommant les Core-M en Core classiques sous l’appellation Kaby Lake-Y, il devient plus difficile de discerner quelles sont les capacités des puces les moins gourmandes de la gamme du fondeur. Ce premier test du Kaby Lake-Y Core i5-7Y54 devrait lever un bout de voile sur ses compétences.

Migraine assurée, c’est comme cela que j’avais présenté la nouvelle politique d’appellation des puces Intel Kaby Lake au moment de leur présentation en Juillet dernier. Cette septième génération faisait en effet disparaître les gammes identifiées comme des Core-M à ultra basse consommation pour les fondre dans la masse des autres processeurs Intel Core. Une volonté compréhensible pour Intel puisque ces puces avaient été mal accueillies par de nombreux utilisateurs comprenant mal leur intérêt. Au moins aussi mal que les constructeurs qui les avaient employées dans des machines calibrées de manière absurde.

Lenovo Yoga 3 Pro

Le Lenovo Yoga Book Pro 3 sous Core M…

Intégrer un des premiers Core- M dans une luxueuse machine à 2000€ n’était pas la meilleure idée qui soit, ne serait-ce que parce que l’utilisateur lambda va forcément faire un ratio performance prix pour son acquisition et que dans ce cas là, le résultat sera forcément exécrable. Bref, quelques années plus tard, Intel jette l’éponge et fait disparaître le Core M en le fusionnant avec le reste de la gamme.

Intel Core-M Broadwell

Bien malin celui qui comprendra que le Core i5-7Y54 est le successeur logique des précédents Core m5-6Y54. La puce dégage 4,5 watts de TDP mais s’inscrit dans le grand bain des Core ix. Pourtant cette puce a des raisons légitimes de se retrouver dans cette gamme, il faudra néanmoins que l’acheteur fasse attention à ce qu’il choisit, qu’il comprenne que désormais l’appellation Core ix est encore plus large qu’auparavant.

La puce Core i5-7Y54 est un double coeur qui vient tout juste d’être commercialisée par Intel. Elle gère 4 threads et fonctionne à des fréquences oscillant de 1,2 à 3,2 GHz. Elle possède 4 Mo de cache et propose un TDP moyen de 4,5 watts (TDP Up max de 7 watts et TDP Down  Min de 3,5 watts). C’est très peu et augure de bonnes autonomies pour les machines ainsi équipées. Cela veut également dire que la puce pourra être dissipée passivement et que les engins pourront être ultra fins.

Avec la possibilité de gérer jusqu’à 16 Go de mémoire vive et un circuit graphique Intel 615, les possibilités seront assez larges pour ce Kaby Lake-Y. La présence de technologies embarquées comme DirectX 12 ou l’Intel QuickSync sera également déterminante. Enfin, avec la gestion de la 4K à 60 images par seconde, la possibilité d’afficher sur 3 écrans simultanément et la prise en charge du Widi, les engins seront d’excellents support multimédia.

Acer Swift 7

Le Acer Swift 7, ultra fin sous Core Kaby Lake-Y à partir de 1299€

Reste à savoir ce que valent ces puces en usage réel. C’est là que ces premiers tests effectués par Liliputing sur un Acer Swift 7 équipé de ce Core i5-7Y54, de 8 Go de ram ainsi que d’un SSD rapide, ont tout leur intérêt.

3dmark-2

Ce premier tableau de résultats sous 3D Mark compare plusieurs générations de puces (et probablement des configurations de mémoire et de stockage différents mais ce n’est pas très grave même si évidemment, il y a une incidence sur les résultats) On y découvre tout à gauche, en bleu clair, le résultat du Core i5-5Y54 qui se situe de manière assez avantageuse face à son ancêtre le Core M-5Y10. Il est évidemment loin d’un Core i7-6500U ou d’un  d’un Core i7-5500U. Mais offre effectivement de meilleures performances qu’un Core M de génération précédente.

 

handbrake_7-1

Sous Handbrake pour de l’encodage vidéo, les résultats sont encore très nets, sans arriver au niveau des poids lourds de la gamme, le processeur se retrouve à une poignée de secondes du résultat d’autres processeurs des gammes supérieures. C’est notamment vrai en exploitant les fonctions d’encodage matériel QuickSync qui lissent les résultats globaux des puces dans la partie gauche du tableau. 3 secondes d’écart avec le Core i7-6500U pour le même calcul, c’est une vraie avancée par rapport au Core-M.

lilbench_7

En encodage audio, les résultats sont encore très proches, la partie compression est plus nettement au désavantage de la puce avec un écart qui se creuse mais encore loin devant les performances du Core-M.

pcmark-2

Sous PC Mark, c’est évidemment le Kaby Lake-Y le grand perdant du test. Mais à moins de 200 points du Core i5-6200U le processeur fait une entrée intéressante. Le Core M culmine sous la barre des 1900 points.

street-fighter-1

Sous Street Fighter IV, la puce rejoint également le peloton de tête avec un score comparable aux Core classiques. Il est là encore devant le Core-M d’ancienne génération.

Ces résultats sont assez éclairants et expliquent bien, à eux seuls, pourquoi Intel a voulu ce changement d’appellation pour sa puce. Face à un Core-M qui a été mal perçu par les constructeurs et identifié comme un Core « au rabais » par les acheteurs, la marque a voulu rebattre les cartes. Elle avait 3 choix possible pour le faire, sortir un Core-M2 pour identifier la nouvelle gamme. Avec un grosse risque d’assimilation entre Core-M et Core-M2 de la part du public. Soit inventer une nouvelle gamme pour la puce, ce qui aurait coûté cher et sans aucune assurance que le public n’identifie pas cette nouvelle gamme comme un nouveau Core M. Soit, enfin, intégrer ces puces comme des solutions Core à part entière. C’est ce dernier choix qui a été fait, et au vu des résultats de ces premiers tests, on peut comprendre légitimement pourquoi.

Les Core M comme ces nouveau Kaby Lake-Y Core i5-7Y54 ne sont pas de mauvais processeurs à condition de comprendre dans quelle démarche ils s’inscrivent. Celui de proposer un engin léger, fin, et très autonome qui assurera tout de même un très bon niveau de performances. Si l’on sort de ces rails spécifiques, il vaut mieux définitivement s’orienter vers des puces plus performantes. Mais si on cherche une solution ultramobile, ce type de processeur est intéressant à prendre en compte.

Reste à espérer que les constructeurs et marchands jouent le jeu de manière honnête, que des Stickers Core i5 inside n’apparaissent pas comme par magie sur les châssis dans un argumentaire de vente de performances lorsque derrière il y aura une puce censées surtout être conçue pour apporter de l’autonomie.

4 commentaires sur ce sujet.
  • 24 octobre 2016 - 23 h 31 min

    C est tres bon ca donnerait du 3800 environ en passmark d apres les resultats pour la meme enveloppe thermique que les anciens core M.

    Répondre
  • 24 octobre 2016 - 23 h 35 min

    En esperant que les core m3 et m5 baissent de tarifs aussi car c est leur tarification qui les ont rendu ininteressant (280€ minimum le processeur). Alors que justement c est des pc portables ou transformers avec ce processeur a ce tarif de 280€ ~300€ qui auraient pu faire un tabac.

    Répondre
  • 25 octobre 2016 - 3 h 18 min

    Depuis un certain temps déjà, les offres Intel sont assez illisibles avec un système de gamme et tarrification relativement artificiel.

    Mais les core M ont toujours été de très-très bons processeurs. Je dirai même qu’Intel n’avait pas sorti de CPU aussi innovants depuis fort longtemps (en particulier au regard de la stagnation des CPUs de bureau)

    De nombreux sites/blogs ont tapé dessus, ont critiqué le prix, mais bon ils ont aussi oublié que le proc permet de faire des machines de 1kg avec les performances de machine de bureau (tant que l’on ne demande pas une charge de plus de quelques secondes/minutes).
    L’Hyperthreading et le mode turbo sont aussi très bien venu et très intelligemment fait.

    Mais finalement, @Pierre, est-ce que ce changement d’appellation n’est pas plus logique.
    On a maintenant des Core i[3/5/7] Y, U, …,Q
    C’est compliqué mais l’utilisateur sait que
    Y = ultra mobile
    U = mobile
    ..
    Q = ultra performance,
    QX je crois que ca existe (?!)

    En plus les Core M sont réellement de Core i5 ou Core i7 au niveau de leur architecture (pas comme les Atom, Celeron, etc, qui eux ont une architecture type pentium il me semble), donc pourquoi les différencier?
    Et finalement si on n’appelle pas les Core M des i5, pourquoi appellerait-on des Core U des i5 aussi ?

    Répondre
  • 26 octobre 2016 - 11 h 48 min

    […] [Source : Liliputing] […]

  • LAISSER UN COMMENTAIRE

    *

    *