Intel, 1 milliard de pertes sur le secteur mobile

Intel, grosse poussée et 1 milliard de pertes sur le secteur mobile

Intel a décidé il y a quelques trimestres de venir se positionner sur le secteur mobile jusqu’alors totalement occupé par un ARM tout puissant. En quelques mois, la marque a réussi à se faire une place et ces derniers trimestres, elle est devenue prépondérante. Un passage en force qui lui coûte 1 milliard de dollars ces 3 derniers mois.

Intel a fait le pari de conquérir le secteur mobile et semble bien parti pour y parvenir. Avec des puces Clover Trail tout d’abord, pas vraiment en phase avec la concurrence, cela a été difficile. Puis, avec l’apparition des puces Bay Trail, la marque a commencé à sentir le vent tourner. En attendant l’arrivée de la prochaine génération Cherry Trail, Intel continue de financer à grands renforts de billets verts une politique de conquête sur ce marché.

Le marché des PC n’est pas en crise pour Intel qui ramasse 14.45 milliards de dollars de chiffre d’affaire avec un bénéfice en hausse et surtout meilleur qu’espéré. Passant des 8% projetés à un joli 12% sur une année. Il faut dire que les PC sous Windows, ça se vend toujours et qu’AMD est loin de proposer des solutions qui font face à Intel sur de nombreux segments aujourd’hui.

La partie PC représente 9.2 milliards de dollars de revenus soit une hausse de 9% par rapport à 2013. Les autres secteurs sont également en pleine croissance avec une partie serveur qui dégage 3.7 milliards avec 16% de croissance et l’Internet des Objets qui grimpe à 14% de croissance et un balbutiant demi milliard de dollars.

Intel

Reste que ces revenus en pleine croissance sont plombés par un secteur qui coûte cher à Intel, celui de la mobilité. On le sait, les puces de la marque sont vendues à très bas prix aux constructeurs, de façon à concurrencer les solutions ARM sur  ce secteur. Cette vente en dessous des chiffres prévus fait mal à Intel : 1 milliard de dollars partis en fumée en un tout petit trimestre, cela fait beaucoup surtout si l’on regarde la colonne revenus de la branche. Avec 1 million de dollars de rentrés dans les caisses, Intel a du pain sur la planche pour équilibrer cette activité. Si l’on compare ce trimestre noir à l’année dernière les résultats sont éloquents : Intel réalisait alors 353 millions de dollars de revenus contre 810 millions de pertes.

Si les concurrents imaginaient que le fondeur allait stopper l’hémorragie du mobile, ils en sont pour leurs frais, Intel a carrément enclenché la vitesse supérieure et compte poursuivre un investissement à long terme sur cette branche.

Intel atom

Et Intel a parfaitement raison de le faire. En poussant son avantage, la marque gagne des parts de marché, se retrouve dans une majorité de produits grand public et séduit à nouveau les consommateurs. Ces cadeaux faits aux entreprises ne sont pas désintéressés. Les marques doivent respecter quelques codes comme l’apposition du logo Intel Inside sur leurs terminaux mobiles au même titre que sur les PCs, cela permet de profiter en outre des aides marketing d’Intel pour leurs propres campagnes. Intel y  retrouve des alliés qui passent par exemple d’ARM à X86 pour leurs smartphones, tablettes et Chromebooks. Les marques, quant à elles, se retrouvent face à un partenaire qu’elles connaissent bien, qui sait les accompagner dans leurs développements et les aider dans le suivi de leurs produits.

Acheter Intel, c’est également un bon moyen de ne pas multiplier les références et de travailler plusieurs produits à la fois et donc de limiter les coûts. Un travail de coach de la part d’Intel qui durera encore quelques trimestres en attendant d’avoir une puce comme CherryTrail qui saura faire face, à priori, à la concurrence ARM de par ses propres moyens.

Pendant combien de temps ces pertes vont pouvoir s’accumuler ? Il faut bien comprendre que pour Intel, ces pertes ne sont pas des pertes mais des investissements. Quel autre choix pour la marque qui n’a pas réellement de processeur à lancer ? Si Intel a pu faire de la pub directement pour des puces par le passé à la télévision ou en affiche dans les villes, ce ne serait pas opportun aujourd’hui de s’adresser directement au consommateur en lui disant de préférer Intel sur tablette ou Chromebook. La solution est donc d’investir dans le futur au travers des marques qui feront l’interface avec le client. Cela passe par la vente de bouts de silicium au prix du silicium sans prendre en compte les vrais frais générés par la conception de ce type de puce. La recherche et Développement est ici niée, tout comme le coût du marketing ou les divers frais générés par les salaires et la maintenance d’usines capables de graver en 22 nanomètres qui appartiennent en propre à la marque.

Cherry trail vs bay trail-t

La grande question, celle que tout le monde se pose, quand Intel arrêtera les frais, il le faudra bien un jour, aucune entreprise ne conçoit des produits pour générer 1 milliard de pertes et 1 million de revenus, quand Intel arrêtera les frais donc? Est-ce que le marché des constructeurs suivra ? Si Cherry Trail est bien la puce annoncée par Intel, si les constructeurs apprécient le travail de suivi – notamment sur Android – des ingénieurs d’Intel, cela peut fonctionner. Sinon, cet investissement laissera le fondeur sur le marché au même titre que les autres acteurs ARM. Un fournisseur parmi d’autres. Mais à vrai dire, ce serait déjà un énorme succès pour la marque qui n’existait pas du tout sur ce secteur il y a encore quelques années.

Et que faire d’autre de toutes façons ? Faire le dos rond en regardant ARM prendre de l’importance sur ce marché en se recroquevillant sur les PC ? Intel n’a pas le choix et le virage qu’il a pris est le seul qu’il pouvait prendre.

Source : ZDNet.fr

15 commentaires sur ce sujet.
  • 15 octobre 2014 - 11 h 16 min

    Qu’Intel trouve sa place, ça me va, mais qu’il se trouve en position dominant comme pour le PC, non merci, se sera sans moi.Je préfère ARM et « ses choix » que le monopole aberrant de Intel, qui en c’est arranger de freiner AMD et autres concurrents par des astuces douteux et illégales, pratique de prix, etc.
    En plus, le X86, bon comment dire ? C’est toujours lourd. C’est vrai qu’il a fait des progrès, mais bon rien de révolutionnaire.
    en plus si c’est pour arriver à une domination, et qu’il impose le rythme, ça on connait plus que bien leurs musiques, ça fini par une monter de prix, un ralentissement des avancés, etc. Une bonne concurence , ça du bon, Intel se bouge.

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  • 15 octobre 2014 - 11 h 44 min

    Personnellement, je verrai bien de la part d’AMD de faire
    des processeurs multi-coeurs X86 et ARM sur une même puce !
    Un peu comme la technologie Big Little,
    mais en ajoutant une double compatibilité native !
    Je sais pas si c’est facilement réalisable et à quel coûts…
    mais cela amènerait le meilleur des 2 mondes !
    Et donnerait peut être à AMD de pouvoir faire la différence
    avec Intel…

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  • 15 octobre 2014 - 12 h 50 min

    Concernant l’article, il faut se méfier des quelque terme dont le sens comptable n’est pas le sens courant, d’autant plus quand il s’agit de terme anglophone initialement.

    ‘Net revenue’ correspond au ‘chiffre d’affaire net’ soit le CA HT diminuer des remises, rabais, ristournes.
    ‘Operating income’ correspond au résultat d’exploitation et non au bénéfices (ou aux pertes). Bien sur que la branche sera en perte mais pas du montant indiqué de 1.043 M$ : il y aura également de l’exceptionnel (non imputable à une branche d’intel) et l’impôt sur les bénéfices (env 27% pour intel). Donc cette perte d’exploitation fera économiser à intel également 1.043*27%= 281 M$. De ce fait, la perte réelle (la finale) serait au alentour de 750 M$ sur le trimestre.

    Ce qu’il est réellement intéressant de voir dans cette publication, c’est le CA d’1 M$ qui indique clairement qu’intel a revu sa position concernant le bas prix de ses puces : désormais ils les donnent (il ne se paye même pas le cout de production! ; PS :les dépenses de marketing fournis aux clients ne sont pas comprises dans le net revenu mais le sont ensuite dans l’operating income).

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  • 15 octobre 2014 - 13 h 08 min

    C’est pas tant la concurrence d’avec ARM ou AMD qui poussent iNTEL, mais sa convergence d’intérêts avec Microsoft.

    WiNTEL part à la (re)conquête violente, à marche forcée, du terrain occupé par Google ces dernières années; et entend stopper net tant chromebooks que tablettes androïd avec pareilles subventions anti-concurrentielles.

    Pour isoler Google au seul territoire des smartphones, dans un premier temps, puis avec l’arrivée des puces/OS architecture universelle récupérer ledit segment téléphonique.

    C’est un combat de titans auquel nous allons assister dès ce Noel, à coup de licences quasi offertes comme de puces au cinquième de leur prix de revient… jusqu’au retour de manivelle monopolistique.

    A Google de sortir maintenant un grand jeu du fond de sa manche, autre que l’immature marché des capteurs de santé et autres conduite automatisée pour lesquels il faudra préalablement éduquer les clients potentiel et régler les problème des données privatives associés.

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  • 15 octobre 2014 - 13 h 25 min

    Moi j’aimerais bien que g00gle android et chrome virtualisent une machine w8.1 complète.
    Car il y a déjà le double boot A/W façon EFI et façon firmware, le twist A/W entre actif/dormant, les émulateurs d’apk, le noyau android sous w7/8/8.1 , et j’en oublie surement …
    Bref G00gle s’est fait encapsuler, alors à lui de récupérer le marché des appli natives windows… non ? même la pomme l’a fait…

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  • 15 octobre 2014 - 14 h 34 min

    @polo:

    +1 .. le seul but de Intel le riche est de tuer la concurrence, comme au temps de wintel ..

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  • 15 octobre 2014 - 14 h 37 min

    @toto: Tuer non, ce serait embêtant pour Intel et probablement infaisable de toutes façons. Apres il faut juste se rappeller que de concurrence il y a que quand il y a différents concurrents… Et se souvenir de ce que cela veut dire concurrence : http://fr.wikipedia.org/wiki/Concurrence

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  • 15 octobre 2014 - 15 h 23 min

    Je vous l’avais dit !!! ;) ARM est tout puissant et indétronable.

    Là ou Intel peut encore s’en sortir, c’est le marché des netbooks convertibles tablettes grace aux processeurs Cherry Trail (comme cité ci-dessus). Mais il faudrait que l’implication soit immédiate. Si c’est pour la sortir dans 6 mois, il sera déjà trop tard, ARM aura supplanté le marché avec ses processeurs double coeur 64 bit très puissant. ;)

    Mais ce n’est que retarder l’échéance, car inévitablement, c’est l’architecture ARM qui triomphera, quoiqu’il arrive. C’est logique !

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  • 15 octobre 2014 - 15 h 24 min

    @toto: Je suis tout à fait de cet avis ! Mais les temps changent, la preuve ! Il y a une justice divine ! loool ;)

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  • 15 octobre 2014 - 15 h 35 min

    Je me demande si le but d’Intel n’est pas surtout de protéger ses part de marché PC.

    La R&D sur la consommation sert aussi pour les serveurs (Avoton) par exemple. Les pertes affectées à la branche mobile pourront/sont peut être rentabilisées autre part.

    Les plus gênés sont certainement les producteurs de ARM haut de gamme qui pourraient à terme venir sur le marché des PC via les chromebook ou d’autre netbook léger. Plus la game des machines ARM s’étoffera – même par le bas – plus l’offre logiciel sera développée et plus le danger sera grand.

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  • 15 octobre 2014 - 16 h 09 min

    @Sopilou: Tu peux m’expliquer le cheminement de cette logique ?

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  • 15 octobre 2014 - 19 h 57 min

    Flute, G00gle prend la même direction qu’Apple… Pas sûr que les gens vont suivre les prix.
    G00gle aura t il cru à un bluf d’1ntel qui n’en n’est plus un ?

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  • 15 octobre 2014 - 21 h 21 min

    Il faut encore qu’ARM libère ou fournisse un driver Linux pour la puce graphique Mali-xxx pour enfoncer le clou, car jusqu’à présent il est vrai que les plateformes Intel ont un petit avantage sur les ARM. Maintenant si des plateformes ARM 64bits arrivent avec slots PCI ou l’on pourra insérer la carte graphique de son choix ça sera le paradis!

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  • 17 octobre 2014 - 15 h 36 min

    @aiRVB:

    Je n’ai vu cela que pour des serveurs. Finalement c’est simplement une carte mère avec proc soudé (avec ou sans ventirad) avec toute la connectique classique du monde x86 (usb, sata, GigLan, pci, slot ram :o …).

    cf : amd opteron 1100 et cavium thunderx

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  • 27 octobre 2014 - 19 h 14 min

    […] plutôt des puces Qualcomm ou Nvidia. Une situation paradoxale qui ne laisse aucune chance à AMD, la marque n’a évidemment pas quelques milliards de dollars a brûler pour conquérir des par…. Il faudra donc attendre AMD Amur et l’arrivée réelle d’AMD sur le marché ARM 64 […]

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