Intel abandonne ses plateformes de développement Edison, Joule et Galileo

Intel Edison, Intel Joule et Intel Galileo, c’est fini. Les trois plateformes de développement d’Intel ne seront plus produites et si elles restent en vente aujourd’hui, il n’y aura vraisemblablement plus de SAV dans les mois à venir. Un geste qui ne signifie pas la fin de l’IoT chez Intel mais…

Intel annonce la fin de la commercialisation de plusieurs produits à destination des makers. La solution Edison mais aussi les plateformes Joule et Galileo ne seront plus produites par le fondeur.

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Si il y a bien un truc qui échaude les makers de tout poils, c’est la fin d’une ligne de produits. Quand on conçoit un engin sur mesures pour une machine, on doit s’assurer de sa disponibilité à long terme. C’est ce qui explique les dimensions suivies par Raspberry Pi pour ses différentes cartes depuis le premier modèle. Si votre robot, votre automate ou votre drone fonctionnait avec un Intel Edison et que demain, il n’existe plus d’Intel Edison, comment faire pour lui greffer un nouveau cerveau ? Il faut reprendre la conception de l’engin de A à Z. Non seulement parce qu’il faudra probablement adapter un nouveau code à un nouveau matériel mais également parce que la nouvelle solution a peu de chances d’occuper le même espace physique que l’ancien.

Intel IoT

L’Intel Edison par exemple, c’est une toute petite solution qui propose un processeur Intel Quark double coeur cadencé à 400 MHz en x86. Il propose en outre du Bluetooth et du Wi-Fi dans un format particulier, la petite carte se loge sur une carte mère plus grande avec des pins de développements et d’autres options. Si vous avez construit un robot autour de cette solution et qu’elle disparaît vous allez devoir vous tourner vers une proposition différente, probablement sur une puce ARM. Au listing des nouvelles priorités, vous devrez donc revoir les dimensions de votre machine, son alimentation, l’implantation de la nouvelle puce mais également reprendre le code x86 pour l’adapter à une puce ARM.

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Ce retrait de produits n’est peut être pas la fin des développements d’Intel dans le domaine de l’IoT. En pratique, je doute que les makers ayant cédé aux sirènes d’Intel la première fois se fassent attraper une seconde. Surtout si leur projet a été industrialisé et que leur production se retrouve donc, de fait, sans SAV possible à moyen terme.

Hackaday détaille : « Il est important de se souvenir que cela ne marque pas la fin du géant des semi-conducteurs dans le monde des cartes de développement et de l’Internet des Objets. Il n’y a pas d’annonce au sujet de la puce Curie qui se trouve dans les Arduino 101. Mais cela marque de manière ignominieuse la fin de leur efforts de ces dernières années de porter les performances de leurs plateforme x86 sur ce marché particulier. »

Intel IoT

Et en effet, si Curie subsiste ce n’est qu’une infime portion du marché par rapport à la masse de produits lancés il y a quelques années par Intel. Son PDG exhibait fièrement les Edison, Galileo et autres Joule lors des précédents IDF comme un secteur en devenir pour Intel.

Il semblerait que la percée espérée n’ait pas eu les effets escomptés. Mis à part quelques développements sponsorisés par Intel, je n’ai pas vu foule de travaux effectués autour de ces plateformes. Beaucoup moins en tout cas que ce que proposent les solutions ARM ces dernières années.

Intel Edison

What will you make ? Nothing.

Il faut dire qu’Intel ne proposait pas autre chose que ce que propose une carte Raspberrry Pi ou autre sous ARM. Un petit processeur à basse consommation avec de quoi communiquer avec l’extérieur. Seule la partie logicielle changeait la donne mais pas forcément pour le bénéfice d’Intel puisque beaucoup moins supportée. L’aventure Joule ou Edison ressemble à une course de poulets sans tête. Sortir des produits sans avoir la moindre idée d’où ils vont aller, sans développements ni support réel des communautés mis à part quelques annonces sans grands effets. Evidemment, les cartes ont eu un bel appui médiatique mais sans plus d’effets face à des concurrents ARM proposant la même chose pour moins cher et s’appuyant sur une énorme communauté de passionnés.

Après avoir planté une graine sans l’arroser, Intel décide d’oublier son champ IoT. Peut être aurait t-il fallu imaginer une solution alternative ? Par exemple proposer une carte ayant de belles performances de calcul pour toucher une niche particulière de produits ayant ce type de besoins pour analyser son environnement ? Quel gâchis.


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6 commentaires sur ce sujet.
  • 20 juin 2017 - 14 h 46 min

    Pas de surprise à ce niveau là: aucun suivi de la part d’Intel, aucun marketing et prix trop chers par rapport à Raspberry Pi.

    Répondre
  • 20 juin 2017 - 17 h 08 min

    Merci Pierre. J’ai laissé échapper un juron à la lecture du titre. C’était couru d’avance.

    Il y a les produits moins chers, la détestation du couple Microsoft et Intel et le sentiment du baiser de la mort et de la trahison quand Arduino s’est associé avec le démon.

    Il y a environ 800 SBC Sur le marché, des acteurs dont c’est ​le métier, pas l’envie de programmer pour de l’Intel et ARM dans une dynamique folle. En face on sentait le carottage et on comprenait pas la stratégie.

    Répondre
  • 21 juin 2017 - 6 h 39 min

    De toutes manières, même pour du plus gros Intel est en dessous de tout: Sur des « SoC » (je mets des parenthèse car c’est certes intégré, mais c’est vraiment tout ce qui était avant autour du µP, inchangé. Avec même des signaux qui doivent sortir puis revenir sans qu’on voit une utilité externe évidente, sauf a ce que les deux côtés aient été prévu pour une certains longeur) Xeon il n’y a pas de support sur leur démarrage etc. Intel vous dit allez voir un fabricant de BIOS!
    Et vous vous retrouvez avec un UEFI spécifié avec les pieds par le duo wintel et codé par des vieux qu’il fallait sans doute occuper: Ils ont refait le DOS en firmware (lettres de lecteur, antislash, shell merdique) avec un nombre de lignes de code comparable au kernel Linux mais le dixième de la fonctionnalité, car c’était pas les meilleurs. Le tout avec une overdose de GUID pour la « modernité » (mais du format PE de m… au lieu du Elf standard + ABI MS) et un style de codage pourri (à la Microsoft, les gars ont dû casser la touche caps-lock).
    Quand on a le choix, ne pas aller vers cette usine à gaz et la laisser au PC ou ca tombe en marche a peu près bien tant qu’on reste proche des reference design Intel.

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  • 21 juin 2017 - 11 h 49 min

    MDRRRR ! Pas étonnant avec l’arrivée de Windows 10 ARM ! (D’ailleurs j’espère qu’il va vite débarquer, je suis impatient de voir les futurs joujoux !)

    Le X86, ça ne prend plus, c’est fini. Les geeks attendent autre chose. ;)

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  • 21 juin 2017 - 18 h 26 min

    @Sopilou:
    Reste à faire prendre windows ailleurs que sur du x86.
    Le tas de m… software de microsoft et hardware d’Intel sont si intimement liés que c’est pas gagné si ces deux là divorcent.

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  • 26 juillet 2017 - 10 h 42 min

    […] les licenciements de la section New Devices Group en Novembre dernier puis plus récemment la fin des solutions Edison, Galileo et Joule qui visaient également le marché des makers, voilà qu’Intel coupe sa production de cartes […]

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