IBM Watson Assistant, une aide moins indiscrète pour concurrencer Google et Amazon

Avec son assistant personnel IBM Watson Assistant, le géant veut se faire une place sur ce nouveau marché prometteur des IA du quotidien. Disponible en « marque blanche », il se propose de répondre aux questions posées à l’oral ou par l’écrit avec un fort niveau d’auto apprentissage.

Google et Amazon règnent en maîtres sur ce nouveau marché des assistants personnels, leurs produits ont littéralement envahi le marché à leurs sortie. Ils ont déjà laissé une forte empreinte dans les mœurs en s’inscrivant comme des témoignages d’une époque dans des films et des séries. Si on peut croire à un épiphénomène à regarder leur usage au delà de leur simple adoption en tant que gadgets, il y a là un marché énorme qui semble déjà avoir saturé un public plus vaste que les plus férus de technologie. 

Il peut donc sembler difficile à un nouvel arrivant d’y faire sa place mais le Watson Assistant d’IBM vise un autre marché que celui des particuliers dans une stratégie intéressante. IBM va proposer son système de reconnaissance et de dialogue vocal en marque blanche, ouvert à des partenaires. Une marque automobile, un fabricant d’ascenseurs ou de tout autre produit pouvant prendre en charge ce type d’usage pourra donc l’embarquer. Ce secteur professionnel a été totalement laissé en friche par Amazon et Google. Si les deux marques ont cultivé l’ajout d’assistants personnels d’autres marques entrant en concurrence avec leurs produits, c’est parce que leur business model se base sur la collecte de données d’utilisateurs identifiés. Viser le grand public le plus largement possible, collecter des données et vendre produits et services, c’est à cela que servaient les têtes de ponts « Ok Google » et « Alexa« .

IBM Watson Assistant

Avec Watson Assistant, IBM propose aux marques d’intégrer les services de reconnaissance vocale pour d’autres usages. Dire à son ascenseur que l’on va au quatrième oralement quand on est coincé au fond de la cabine ou en situation de handicap, c’est un plus. Cela n’empêche pas de proposer les boutons traditionnels pour manœuvrer l’appareil mais ouvre un usage supplémentaire. Intégrer Watson Assistant dans une automobile est également pertinent. Lancer la climatisation ou un disque, profiter des nombreuses installations pilotables sur le tableau de bord sans lâcher le volant est forcément une meilleure idée que de devoir trifouiller son installation. Dire « Warning » en contrôlant parfaitement son véhicule semble mieux pensé face à un danger potentiel que de devoir attraper un bouton placé de manière exotique. Cela permettrait également pour certains véhicules d’intégrer une aide locale sous la forme de questions et de réponses pour mieux utiliser sa voiture : « Comment régler le volant ? » ou « Comment ouvrir le coffre moteur » pourraient être suivis d’une série d’instructions orales détaillant la procédure. On pourrait même utiliser IBM Watson comme premier niveau de  SAV avant d’appeler un centre d’assistance si nécessaire. Les capacités de dialogue du système étant plus naturelles et assez évoluées, il y a là des pistes à creuser pour le futur.

IBM Watson Assistant

Bref, ce que vise IBM n’est pas le même profil que ce que visent Google et Amazon. La marque vante l’intelligence de son dispositif et ses capacités d’auto apprentissage. Votre véhicule pourrait vous proposer des listes de lectures vraiment adaptées à vos goûts en fonction d’un auto apprentissage. Demander « une playlist de Jazz pour Pierre » ne donnerait pas le même résultat que pour Paul. Une centrale domotique équipée de ce système pourra apprendre à adapter à un profil de famille particulier en inscrivant sa routine. Heures des sorties et entrées, heure du coucher, position géographique et ajustement des équipements pour piloter la lumière et les chauffages, par exemple. L’idée ici est de vendre Watson comme un concierge  aidant le public et non pas de collecter des données pour en tirer partie en les revendant à des tiers. 

Anker 32

Une enceinte Zolo de Anker sous Google Home.

En visant autre chose que des enceintes connectées, IBM a également la possibilité de pénétrer dans les foyers. On imagine qu’une chambre d’hôtel proposant ce genre de service aurait un pouvoir de séduction important. Ses clients pourraient ensuite investir dans une centrale domotique du même type. IBM ne cherche pas à piloter un énième reveil matin alors que nos tables de chevets sont encombrées mais plutôt la grosse boite qui va vous accueillir. Rendant au passage l’usage des assistants personnels tels qu’on les connait totalement inutiles.

Le gros plus de l’offre d’IBM est peut être le fait que Watson Assistant peut travailler de manière décentralisée. L’utilisateur d’un de ces dispositifs n’aura pas forcément une remontée de données vers une entreprise tierce. Quand vous achetez un dispositif Lenovo équipé d’Alexa ou une enceinte connectée noname exploitant la solution de Google, ces deux entreprises récupèrent et traitent vos données. Les fabricants du matériel restent… des fabricants de matériel… Si demain une marque de chaîne Hifi vous promet d’adapter la musique à votre humeur en se basant sur vote conversation et vos oûts, elle pourra le faire sans que les grandes oreilles de Google et Amazon n’en apprennent rien. Même si l’IA doit recourir au Cloud, cela peut être celui de la marque qui propose le service.

Un commentaire.
  • Xo7
    22 mars 2018 - 12 h 52 min

    On va dans le bon sens. Excellent billet.

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