Google Yeti : Un système de streaming de jeu en préparation ?

Le jeu en streaming c’est la possibilité de déporter le calcul d’une application lourde sur un serveur distant pour en profiter sur n’importe quelle plateforme. Avec Google Yeti, le moteur de recherche préparerait une plateforme de ce type.

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Bien après Nvidia et son système GeForce Now (2015), après Blade et son Shadow (2017), ce serait au tour de Google Yeti de s’aventurer dans le Streaming de jeu en ligne. L’information n’est pas sûre mais suffisamment bien étayée pour avoir du sens.

CES 2013, Nvidia présente son GRID, un système de streaming de jeu qui deviendra l’actuel GeForce Now

Le streaming de jeu est un des avenirs du gaming

Jouer à des titres gourmands n’est pas toujours facile. Votre PC vieillit, votre smartphone faiblit, votre téléviseur n’en est généralement pas capable et votre TV-Box n’est pas forcément mieux lotie. Tout cela pourrait être de l’histoire ancienne puisque le principe du streaming de jeu est de déporter la partie calcul sur un serveur distant. Votre périphérique ne sert que d’interface avec une partie écran pour l’affichage, une partie contrôle pour pouvoir interagir et une partie réseau pour communiquer.

De ce fait votre téléviseur, votre PC d’il y a 5 ans, votre ultraportable, votre smartphone ou votre TV-Box pourraient tout à fait afficher ces jeux, du moment qu’ils répondent aux trois critères demandés : Afficher, communiquer et interagir.

Du coup, le client de ce type de service ne paye plus un jeu mais une licence de ce jeu accompagnée des compétences nécessaires pour y jouer. Cela passe en général par un accès mensuel du type Netflix. Avec un catalogue de titres disponibles plus ou moins vaste. On s’offre pour une poignée d’euros la possibilité de jouer au travers de sa connexion internet sur toutes les machines compatibles comme on peut accéder à de la musique ou des vidéos au travers de plusieurs machines aujourd’hui.

Shadow Blade

Shadow

Ce n’est pas forcément un service parfait car il est très dépendant de la bande passante disponible pour fonctionner. Mais si celle-ci est suffisante, le résultat peut être bluffant. C’est déjà le cas de l’offre GeForce Now de Nvidia ou de Shadow de Blade qui, dans de bonnes conditions de débit, sont vraiment étonnants.

Si cela ne correspondra pas à l’usage de tous les joueurs, les plus exigeants préféreront avoir leur machine en local, il y a bien un public de joueurs qui seraient ravis de ce type de solutions car les avantages sont nombreux :

L’abonnement est mensuel et comprend non seulement les jeux mais également le matériel nécessaire pour jouer.

Le matériel ne se périme pas, si un jeu nécessite une mise à jour pour être fonctionnel, c’est le service de streaming qui doit mettre ses compétences à jour.

Pas besoin d’investir ne grosse somme pour accéder aux titres, le système d’abonnement lisse vos dépenses de manière prévisible.

Google Nexus Player

La manette Google par Asus

Qui de mieux que Google pour réussir ce pari ?

On comprend donc où Google veut aller avec ce type de service. Comme la marque le fait pour les films ou la musique, elle pourrait se positionner sur le jeu avec des synergies très intéressantes.

D’abord son envergure, sa présence en ligne peuvent en faire un poids lourd sur ce secteur. La marque peut pousser cette offre avec force en offrant, par exemple, celle-ci au travers de promotions comme elle l’a fait pour les films et la musique. Si d’autres services concurrents existent depuis plus longtemps, Google pourrait s’imposer en quelques mois de par sa visibilité.

Mais c’est surtout l’intérêt de ce dispositif pour son écosystème qui aurait du sens. Avec une application de streaming de jeu pour Android et pour Chrome OS. Avec un service pour MacOS et Windows. Mais aussi avec l’avantage de ses solutions Daydream pour la VR et des clés de streaming Chromecast déjà très bien implantées, Google pourrait non seulement toucher toute la planète mais en plus apporter du jeu dans des périphériques qui ne sont pas réputés pour cette possibilité. On peut jouer sur tablette ou sur Smartphone, on peut également jouer sur TV-Box mais rares sont les jeux android à avoir l’envergure d’un jeu PC. Avec son service de streaming de jeu Yeti, Google pourrait apporter un catalogue de titres complets sur ces plateformes.

Chromecast 2

Imaginez si au détour d’une mise à jour des Chromecast – mise à jour automatique et quasiment impossible à freiner – votre téléviseur vous offrait 30 jours de jeu illimité avant de vous proposer un abonnement ? Si cette simple clé mettait au placard votre vieux PC de jeu ? Permettait de reprendre vos sauvegardes avec votre Chromebook ou votre tablette ? L’impact serait énorme.

Beaucoup de gens pourraient ainsi découvrir ou redécouvrir des titres étonnants sans avoir à investir un sou. Une campagne de ce type pourrait faire mouche assez vite. La grande force de l’offre de Google sera alors d’adresser tous les périphériques d’un compte Google avec un seul abonnement. Cela dilue fortement le prix de l’offre puisqu’une famille qui paierait un compte de ce type pourrait permettre à tous ses membres d’en profiter.

Il faut investir une véritable fortune pour profiter de jeux VR sur le marché PC aujourd’hui, en adaptant des titres à son moteur Daydream, l’offre google Yeti pourrait également changer toute la donne.

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Yeti par MarcoBucci

Google Yeti : C’est le moment ou jamais

Google a embauché des vétérans du jeu vidéo comme Phil Harrison que le moteur de recherche a bombardé directeur des opérations materielles de Google. Harrison ayant bossé sur les consoles de Sony pendant toute sa carrière, il sera a même de concevoir les éléments nécessaires à ce pari et peut être en particulier les périphériques de jeux parfaits pour piloter des outils comme la Chromecast ou une TV-Box. Les ingénieurs pouvant optimiser serveurs et streaming sont déjà en place et Google peut se positionner assez vite en travaillant avec des solutions Nvidia ou en rachetant des concurrents.

Netflix est devenu un géant incontournable aujourd’hui et change même les règles du jeu de la production de contenu vidéo. Il ne fait aucun doute que le streaming de jeu va avoir un avenir important. Les générations biberonnées au jeu vidéo depuis des décennies produisent un public de joueurs. Pas forcément des gamers exigeants mais des gens qui peuvent prendre plaisir à lancer une partie de jeu de temps en temps. Comme on met un DVD dans son lecteur, reprendre une sauvegarde ou lancer une partie peut faire partie de leurs loisirs. Ces gens là ne seront pas dans la catégorie de ceux qui investissent des fortunes pour pouvoir lancer le dernier jeu en 3D sur leur PC. Par contre, leur offrir l’opportunité de jouer comme ils regardent un film avec Netflix ou comme ils écoutent de la musique  avec Spotify a du sens.

Si Google de ne lance pas maintenant et ne crée pas sa marque et son univers sur ce secteur rapidement, il sera sans doute trop tard à terme. Tous les éléments sont aujourd’hui en place pour que cela fonctionne : Le parc déjà installé par Google est énorme. Les compétences de la marque sur ce secteur sont évidentes et la marque est forte de multiples systèmes qui pourraient en tirer avantage. Si il suffit d’investir dans une Chromecast et une manette pour profiter des jeux disponibles sur le marché PC, si cette manette permet également de transformer sa tablette en console de jeu et si elle peut en outre se connecter à son PC sous Windows ou son Chromebook, la tentation va être énorme. Si l’offre Google Yeti apporte des jeux profonds et impressionnants aux univers de Google, le pari est presque gagné d’avance.

Source : The Information

11 commentaires sur ce sujet.
  • 8 février 2018 - 13 h 31 min

    C’est gentil leurs histoires de streaming de jeux, mais cela reste quand même quasiment limité aux heureux chanceux ayant accès à la fibre optique, donc dans les grands centres urbains, non ? Ce qui est loin de représenter un panel étendu de clients potentiels.

    Enfin bon, pour ma part, je suis sceptique au vu de ma pauvre connexion Adsl ;-)

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  • 8 février 2018 - 13 h 36 min

    @Mxte29Fr: Et bien disons qu’on avait le même discours pour Netflix à une époque. La première fois que j’ai parlé de Netflix en 2010 lors de la transition du circuit DVD vers la location de flux et que j’ai évoqué un succès colossal et une machine a brasser des millions à terme on m’a fait cette remarque. Et c’était vrai… L’ADSL était encore pas super développé.

    Le soucis c’est la charrue ou les boeuf ? Les boeufs sont encore dans des foyers centralisés dans les gros centres urbains : La fibre ne va pourtant pas s’arrêter de se déployer comme l’ADSL ne s’est pas arrêté depuis 2010 lors du changement de cap de Netflix. est-ce que Google doit attendre que les boeufs soient en place pour construire la charrue ?

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  • 8 février 2018 - 13 h 55 min

    Mxte29Fr
    Pas du tout .J’ ai l’adsl 20 megas à 1800 M du dslam et je jou en streamming
    sur nvidia shield tv.

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  • Alf
    8 février 2018 - 14 h 57 min

    @Mxte29Fr: C’est pas une question de fibre optique, c’est surtout une question de quelle qualité d’image tu es prêt à accepter de regarder.

    Il suffit de regarder le nombre de vidéos de jeux vidéos que tu peux trouver en direct sur Twitch, Mixer ou autres, et en différé sur Youtube.
    C’est la même bande passante qui t’afficherai le jeu en streaming, la seule différence c’est qu’il faut gérer l’envoi du clavier/souris/manette.

    Pour avoir testé un peu ce genre de solution, ça marche plutôt bien. Dès fois la qualité décroche un peu quand beaucoup de choses bougent, mais c’est pas extrêmement gênant.
    Les 2 gros soucis pour moi c’était plutôt :
    – l’encodage utilise le “sous-échantillonnage de la chrominance” (grosso modo : image en noir et blanc en 1080p + les couleur en 540p), ça marche très bien pour des photos/vidéos de contenus analogiques de la vraie vie, mais pour le numérique il y a quelque fois des gros ratés sur certains trucs (et du coup même sur une image statique avec la qualité à fond)
    – le CPU utilisé est généralement un Xeon serveur, qui même s’il est parait-il “nettement plus puissant que les CPU de PC” selon les vendeurs de service et les fans, est quand même limité à 2GHz et quelques brouettes. Sur certains jeux (très mal optimisés certes), impossible d’avoir un résultat fluide parce qu’il faut un CPU plus puissant

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  • 8 février 2018 - 15 h 10 min

    L’idée est bonne et il faut mettre en place les choses maintenant. C’est sur.
    Par contre, a l’heure actuelle, un investissement dans un PC de joueur, permettra de jouer dans des conditions au moins aussi bonnes pour un investissement inférieur.

    Mon PC de jeux, m’a coûter moins de 1000€ étaler sur 5 ans et j’ai une becanne qui reste pas dégeux. (i7 3770K + 980Ti) Apres c’est clairement moins clef en main. Et du coup pour des joueurs occasionnels, cela a du sens.

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  • 8 février 2018 - 16 h 04 min

    @Pierre Lecourt: Netflix n’a pas remplacé le DVD/BR, c’est plutôt complémentaire de mon pt de vue…. et puis on parle de jeu là, d’un média interactif, pas de films/séries. Les joueurs sont déjà à choisir des écran 120Hz++, des souris à X milles DPI, des PS4 Pro, des XB pour une vrai expérience de jeu, pas pour avoir une expérience détériorée par de la latence, de la compression et autre joyeuserie qui peuvent massacrer l’expérience d’un bon jeu.
    On pourra parler des Casual Gamer, ceux là sont nombreux, mais à l’inverse préfèrent jouer sur leur smartphone à des jeux dont ils sont le produit que du vrai jeu vidéo.

    AMHA, ce qui (a) réussi au monde de la TV par streaming ne réussira pas au monde du jeu vidéo ! tant que j’aime jouer, je continuerai à prendre ce qu’il faut pour garder une bonne expérience de jeu ! on est sur du loisir/passion, ne l’oublions pas !

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  • 8 février 2018 - 16 h 06 min

    @Madpilot: Je voulais dire que Netflix a changé de fonctionnement en 2010. Jusqu’en 2010 ils louaient des DVD, en 2010 ils sont passés à la location de flux. Je ne dis pas que l’un a remplacé l’autre, je parle juste de leur business.

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  • 8 février 2018 - 17 h 11 min

    @rd35: Tu es a proximité d’un DSLAM, cool pour toi. Dans mon patelin, pas de DSLAM, je tape sur celui de la ville moyenne “à coté”, pour le coup je suis à plus de 6000m de celui-ci, et mon record de connexion c’est 6 Mb/s (c’est ultra rare), ma moyenne dse balade entre 4 et 4,5Mb/s. Globalement, même un simple Youtube en 1080p je peux oublier.

    @Pierre Lecourt: Oui tu as raison ;-) De mon coté, la fibre c’est même pas en rêve pour dans 10 ans (dixit la mairie). Donc ce truc n’est pas trop pour moi.

    A titre d’exemple, actuellement en reprenant l’analogie avec Netflix = Le Full Full HD de Netflix je n’arrive pas à le choper. Avec une connexion à 4,5 Mb/s j’arrive à avoir deux flux distincts en HD (720p), ou un flux Netflix + un jeu en ligne simultané (World of Tank par exemple). Dans ce dernier cas, le ping du jeu explose pour se balader au-dessus de 100ms (il me faut alors accepter les loupés de frames, les ennemis qui se déplacent de 10 ou 20 mètres d’un coup, et de me faire exploser parce que je n’ai pas vu le vilain pas bô qui était à coté de moi une fraction de seconde avant que je le détecte). Alors si c’est pour streamer un jeu multi-joueurs en 720p, avec des temps de latence et surtout un ping qui explose à cause du flux du jeu, je ne suis pas sûr que cela soit plaisant ; et au final je suis bien mieux avec ma tour qui calcul tout et ma connexion qui ne sert que de liaison avec le serveur et les joueurs. Par contre, peut-être que cette solution de streaming est pertinente pour du jeu solo.

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  • Alf
    8 février 2018 - 17 h 14 min

    @Madpilot:
    Tu parles d’expérience détériorée par la latence et des consoles (PS4, Xbox One) dans la même phrase…

    1) Est-ce que tu as déjà testé un service de streaming de jeux vidéo pour te rendre vraiment compte ?
    2) Est-ce que tu as déjà regardé le retard à l’affichage qu’il y a sur la majorité des TV ? (spoiler : la moyenne des TV est vers 100ms, tandis qu’une connexion ADSL c’est 30~40ms, le câble coaxial c’est 20~25ms, et la fibre optique c’est <5ms).

    Les souris à X milles DPI, c'est majoritairement de l’esbroufe marketing, et cette souris marchera tout aussi bien avec un PC déporté.

    Les écrans à 120Hz, ça peut très bien marcher en streaming, la 4K aussi, faut juste la bande passante qui vas bien.

    La qualité de compression : si c'était si gênant, je pense pas qu'il y aurait autant de gens sur Twitch, Mixer, etc.

    Avec les pénuries et les prix complétements dingues sur la RAM et les cartes graphiques qu'on voit en ce moment, c'est le moment idéal pour se lancer sur ce segment, et même si de nombreux gens qui pensent être "l'élite du gaming" seront réfractaire à l'idée parce qu'ils veulent pas lâcher leur précieuse tour, il y quand même un énorme marché à prendre, surtout avec un acteur de poids comme Google plutôt qu'un inconnu comme LiquidSky et Shadow Blade.

    (et pour nuancer mon avis : j'ai testé LiquidSky et Parsec une vingtaine d'heures pour faire durer un peu plus mon PC portable puis j'ai claqué 1500€ pour remonter une autre tour, parce que le streaming remplissait pas mon besoin, mais je suis ressorti de mon test en étant convaincu que c'est l'avenir pour de très nombreux joueurs).

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  • 8 février 2018 - 19 h 46 min

    @Alf:

    1) oui et non : non car j avoue être réfractaire au streaming de jeu car je pense cette méthode plutôt énergivore (AMHA jusqu a preuve du contraire) et renvoie le jeu dans sa limite basse et c est pour ça que je ne paierai pas pour ce genre de service.

    oui parce que je suis le streaming de jeu local depuis longtemps (car j’aime l idée de pouvoir jouer partout chez soit comme dans le salon et déjà en local malgré une installation solide autant c est sympa sur un GTA (je note d ailleurs que le stream local est assez performant avec une xbox one alors que sur PS4 cest assez moisi…) des que tu es sur un jeu qui demande un poil de reactivite cest mort jai tente dernierement du overwatch PC en streaming local et cest injouable.

    2 jai toujours choisi mes TV en rapport avec leur performances ludiques (entre autres bien sur) et je ne pense pas être le seul. le jeu video fait vendre. il suffit de voir le succès des produits PGM ou mème retrogaming (et l échec des produits low cost – je pense a la ouya ) pour se rendre compte que le joueur ne regarde pas a la dépense et ce quelque soit son budget.

    je pense donc que le streaming de jeu n aura pas le succès de Netflix

    Ps: ceci dit si je ne dis pas de bêtises, si tu cumules les input lag moins tu as en tout mieux cest non ?

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  • 12 février 2018 - 10 h 02 min
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