Acer remet en cause sa stratégie Ultrabook pour expliquer ses pertes

Acer remet en cause sa stratégie Ultrabook pour expliquer ses pertes

Entre mea-culpa et mise en accusation, Acer reconnait quelques fautes stratégiques cette année 2013. Un moyen pour la marque de tirer un trait sur l’année qui s’écoule et de se projeter vers l’avenir. Mis en cause, les ultrabooks auraient largement impacté les ventes d’Acer selon sa direction.

Résumé : Acer explique que son empressement à coller au plan Ultrabook d’Intel lui a surement coûté cher. Son public, ne s’étant pas retrouvé dans ces nouvelles machines plus chères que les productions habituelles de la marque, n’a pas suivi.

Acer Aspire S7 Ultrabook

Cela fait 3 ans qu’Acer perd de l’argent, globalement, de façon mécanique. Avec les baisses de ventes de PC généralisées cela ne s’est évidemment pas amélioré. Mais plus spécifiquement, la marque souffre d’une assez forte perte d’identité auprès du grand public. Depuis toujours Acer est considéré comme une marque plus ou moins low-cost. Un second choix au SAV hasardeux,  bilan de premières années assez compliquées pour la marque Taiwanaise. Cela perdure toujours malgré les efforts consentis par Acer depuis des années pour améliorer son image et ses services

Apres les années dirigées par  Gianfranco Lanci, où Acer cherchait avant tout à gagner en parts de marché en sacrifiant sur sa marge, la marque a tenté un virage en relevant sa gamme de produits et ses finitions. Evidemment, au passage, elle a du augmenter ses tarifs. Passant de modèles très accessibles avec de vraies bonnes affaires pour certaines machines, à des engins plus proches des tarifs de ses concurrents de toujours  comme Asus ou MSI. Ce virage a coïncidé avec une période trouble pour le marché PC, période où Intel a lancé à grand renfort de publicité et de partenariats, son idée de l’informatique ultra mobile, les ultrabooks.

Acer Aspire R7

L’étrange Acer Aspire R7

Aujourd’hui Jason Chen, le nouveaunouveau-nouveau PDG de la marque déclare à Bloomberg qu’Acer s’est peut être un peu trop précipité sur ce marché très haut de gamme. C’est en effet un des premiers acteurs à s’être réellement impliqué dans le monde des ultrabooks, profitant au passage des subsides d’Intel. Le résultat escompté n’a pas été à la hauteur des espérances de la marque et les ventes n’ont pas réussi à rétablir la situation. Avec du recul, Acer aurait peut être dû être plus patient?.

Diplomate, Chen ne rejette pas la faute sur Intel et ne voue pas les ultrabooks aux gémonies mais indique simplement un problème de calendrier. Acer a tenu à être présent dés le lancement du  concept afin de coller au plus près aux annonces d’Intel. Ce qui l’a probablement beaucoup fait progresser en terme d’image mais ne lui a paradoxalement pas fait bénéficier des initiatives d’Intel pour améliorer les éléments qu’Intel a subventionné au lancement du concept : SSD moins cher, recherches sur les surfaces tactiles ou les batteries. Les premières machines ainsi produites se sont vite fait rattraper par une concurrence plus aboutie et bénéficiant finalement d’un effet publicitaire aussi présent de la part d’Intel.

Une vision quelque peu biaisée de la réalité puisque d’autres erreurs stratégiques ont été menées par la marque. Cette prise de distance avec son public suite à la remontée importante de ses tarifs aurait pu être faite en douceur. Le temps d’apprécier l’évolution du design et des finitions de ses modèles. Changer brutalement de stratégie, lancer des concepts très audacieux mais sans débouchés comme l’Aspire R7, s’associer avec des stars de ciné ou de la télé, autant de points qui ont pu dérouter les aficionados de la marque.

Acer Iconia W3

 

La Iconia W3

Le même scénario d’un lancement précipité s’est d’ailleurs reproduit avec la sortie de Windows 8 sur le format tablette, Acer a été le premier à proposer une vraie tablette tactile abordable sous Windows 8 avec la Iconia W3. Mais pour arriver à ses fins, la marque a sacrifié certains composants essentiels comme la qualité de son écran et  au lieu de profiter à plein de ce lancement conjoint, n’a fait qu’alimenter encore une fois son image de produits entrée de gamme.

Acer doit réussir à produire quelques machines exceptionnellement homogènes, montrant les efforts fournis ces dernières années en terme de design et de conception mais également très performantes et bien équipées. En les proposant à un bon tarif, Acer peut espérer trouver un écho des spécialistes, de son circuit de distribution et du public.

10 commentaires sur ce sujet.
  • 15 janvier 2014 - 15 h 55 min

    L’année dernière Acer rejeté la faute sur Windows 8…

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  • 15 janvier 2014 - 16 h 09 min

    Qd on voit le succès de la Transformeur Book T100, digne successeur des netbook, on se dit qu’Acer a manqué un peu de nez avec ses onéreux ultrabook qui ne colle pas avec son image.
    Souhaitons que leur gamme sous Baytrail rencontre un vif succès comme leur compatriote Asus.

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  • 15 janvier 2014 - 16 h 14 min

    D’un autre coté:
    Acer = marque de grande distribution (Confo Carrouf…. )
    Ultrabook = Matériel haut de gamme

    Cherchez l’erreur ;o)

    Moi si j’avais un ultrabook à acheter… je prendrais pas du Acer

    Archtung… me faites pas dire ce que je n’ai pas dit: Ils font peut être du bon matos sur certains modèles, mais c’est en décalage complet avec l’image Ht de gamme de l’ultrabook (Materiaux nobles assemblage au 1/10 de mm …)

    C’est un peu comme quand Pigeot ou Rinault essayent de faire de la concurence aux marques premium alleemandes…. ça le fait pas

    Enfin c’est juste mon avis
    ;o))

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  • 15 janvier 2014 - 23 h 11 min
  • uko
    16 janvier 2014 - 2 h 06 min

    De mon point de vue, l’erreur d’Acer a surtout été de ne jamais aller jusqu’au bout de sa politique de montée en gamme. Même pour les ultrabooks, ils ont préféré parier sur du low-cost: disques durs au lieu du tout SSD des concurrents, finitions plastiques, écrans très moyens là où les autres sont clairement montés en gamme.

    Difficile d’avoir le coup de coeur pour un ultrabook Acer alors qu’un Zenbook, un Macbook Air ou un Samsung S9, ça laisse rêveur. Et la différence de prix n’est plus si sensible une fois les seuils psychologiques brisés: Adieu le seuil des Netbooks à 300€. Adieu le seuil des laptops 15″ moyens de gamme à 500€ qui font fureur dans les grandes surfaces. Au delà, on commence à viser un public différent, plus aisé et disposé à investir pour plus de qualité, ou des fonctions spécifiques. Le public des Ultrabooks est disposé à mettre un peu plus pour une machine aux finitions alu qui inspirent confiance et pour un écran qui sort du lot.

    Bref, à mon avis Ultrabook = haut de gamme, et haut de gamme low-cost = cible ratée.

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  • 16 janvier 2014 - 7 h 41 min

    Bonjour,

    je me permets de ce post pour avoir un avis: j’ai justement acheté un Acer Aspire S3, l’un des premiers Ultrabooks d’Acer… j’ai fait connaissance avec le SAV d’Acer…

    Il s’agit d’un fameux écran blanc, qui est causé par un câble défectueux entre la carte-mère et l’écran… il y a de nombreux acheteurs dans ce cas là, mais Acer ne reconnaît rien de cette histoire.

    Avez-vous un conseil particulier après l’envoi d’un AR? faire expertiser l’appareil et un tribunal de proximité?

    Désolé d’avoir utiliser ce post mais j’ai besoin de conseils et vu que cela rejoint le sujet Acer

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  • 16 janvier 2014 - 8 h 03 min

    @ MaxiMachinChose

    Si si …
    Tu as trouvé « l’exception qui confirme la règle ;o)

    D’ailleurs la première fois que je l’ai vu, c’était de profil et je m’attendais à voir des anneaux sur sa calandre

    ;o)))))

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  • 16 janvier 2014 - 8 h 08 min

    @ uko

    +1

    Tu as bien exprimé ma pensée sous une autre forme

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  • 19 janvier 2014 - 4 h 23 min
  • 3 septembre 2014 - 11 h 11 min

    […] Acer tout débute par des chiffres et Jason Chen, le PDG de la marque, entre sur scène avec le sourire. La raison ? Acer serait désormais le 4eme […]

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